Proust et Renouvier. Autour de la notion d’ « intermittence »
Marcel Proust aurait voulu d’abord intituler son grand roman Intermittence du cœur. Il a abandonné ce titre et a opté pour À la recherche du temps perdu. Pourtant le terme d’« intermittence » gardait toujours son importance pour l’écrivain ; et il n’est pas exagéré d’affirmer que le passage intitulé...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/noesis, |
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| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
Noesis
2025
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| Matèries: | |
| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Marcel Proust aurait voulu d’abord intituler son grand roman Intermittence du cœur. Il a abandonné ce titre et a opté pour À la recherche du temps perdu. Pourtant le terme d’« intermittence » gardait toujours son importance pour l’écrivain ; et il n’est pas exagéré d’affirmer que le passage intitulé Intermittence du cœur, inséré dans Sodome et Gomorrhe, est un des plus beau passages de ce roman. Alors, d’où Proust a-t-il tiré le terme d’« intermittence » ? À cet égard, quelques hypothèses ont déjà été posées. Mais on n’a jamais mentionné Charles Renouvier (1815-1903). En rejetant la notion d’« infini actuel », Renouvier a insisté sur la « discontinuité » ou l’« intermittence » spatiotemporelle de l’univers. On ne pourrait pas vérifier que Proust était lecteur de Renouvier ; et pourtant si on rapprochait leurs textes, on pourrait trouver plusieurs points communs qu’on ne peut pas qualifier de simples coïncidences. « Intermittence » bien sûr, mais encore « vertige », « sub-conscient », « habitude », etc. C’est ainsi que nous nous efforçons d’abord, dans cet article, de faire voir que la philosophie de Renouvier pourrait être une des sources possibles de l’inspiration de Proust. Quelle philosophie de l’histoire ou de la société la notion d’« intermittence » impliquerait-elle chez Renouvier ? Il n’a cessé de parler de la société de la justice universelle ; mais il n’avait aucune confiance en un grand essor ou élan qui accompagnerait nécessairement le déclin ou le « retour à la barbarie ». Dans ces conditions, j’ose poser une hypothèse selon laquelle Renouvier entrevoyait dans les « intermittences » ou les « césures » du progrès-déclin continuel un passage à une autre dimension que l’on pourrait nommer justement « uchronique », dans laquelle les hommes pourraient éventuellement modifier la marche de l’histoire aussi bien que la fatalité. |
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