L’horizon politique de la philosophie dans le moment 1900 : la Revue de métaphysique et de morale et la référence renouviériste

La Revue de métaphysique et de morale, fondée en 1893 peu après la disparition de la Critique philosophique, renoue en partie avec le projet renouviériste de rattacher la politique à la philosophie. L’entreprise intellectuelle lancée par d’anciens élèves d’Alphonse Darlu, incarnation majeure du phil...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/noesis,
Auteur principal: Soulié, Stéphan
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Noesis 2025
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:La Revue de métaphysique et de morale, fondée en 1893 peu après la disparition de la Critique philosophique, renoue en partie avec le projet renouviériste de rattacher la politique à la philosophie. L’entreprise intellectuelle lancée par d’anciens élèves d’Alphonse Darlu, incarnation majeure du philosophe­professeur à la fin du xixe siècle, manifeste de ce point de vue une continuité dans la défense d’un rationalisme républicain opposé au positivisme et attaché aux fonctions civique et sociale de la philosophie. Mais dans les années 1890-1900, l’engagement de la philosophie dans la cité doit être repensé en tirant les leçons de l’échec relatif de la revue néocriticiste. Au « dogmatisme étroit » de celle-ci, la Revue de métaphysique et de morale oppose ainsi une stratégie d’ouverture éditoriale. Renouvier se maintiendra à distance de cette entreprise intellectuelle. Pourtant, le lancement, en 1895, de la rubrique « Questions pratiques », lieu privilégié d’une défense et d’une régulation critique de l’idée républicaine, d’une critique philosophique de la pratique politique, prolonge son ambition de raisonner la République. La proximité intellectuelle est par ailleurs évidente dans la volonté de défendre une morale rationnelle et laïque, indépendante de la science et des religions positives. Néanmoins, le rationalisme intellectualiste intransigeant des jeunes fondateurs de la Revue de métaphysique et de morale exprime une certaine défiance à l’égard du théisme personnaliste du Renouvier vieillissant et d’une « religion laïque » qui paraît s’achever dans une forme nouvelle d’apologétique chrétienne.