L’Europe selon Deleuze et Guattari : une histoire de flux et de déterritorialisation

Comment définir l’Europe, aujourd’hui ? Dans cet article, on montre que l’Europe est définie par Deleuze et Guattari de trois façons différentes : d’abord, à l’âge préhistorique, par un personnage conceptuel, celui du métallurgiste itinérant, issu de la rencontre entre l’artisan-commerçant des ville...

Descripción completa

Guardado en:
Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/noesis,
Autor principal: Badaire, Quentin
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Noesis 2021
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Comment définir l’Europe, aujourd’hui ? Dans cet article, on montre que l’Europe est définie par Deleuze et Guattari de trois façons différentes : d’abord, à l’âge préhistorique, par un personnage conceptuel, celui du métallurgiste itinérant, issu de la rencontre entre l’artisan-commerçant des villes et le flux de matière métallique ; puis, dans l’antiquité, par le concept, issu de la conjonction du flux de pensée avec le milieu social grec ; et enfin, à l’époque moderne, par le capitalisme, produit de la conjugaison du flux de travailleurs libres et du flux de capital. On souligne que ces trois définitions ont toutes en commun de faire de l’Europe le carrefour de deux processus de déterritorialisation distincts, l’un relatif, l’autre absolu. À partir de là, on se demande s’il y a une raison pour que l’Europe se trouve ainsi être, à chaque fois, l’espace de rencontre des flux déterritorialisés. On démontre que la réponse fournie par Deleuze et Guattari : le hasard, n’est pas convaincante et qu’elle cache un eurocentrisme qui ne dit pas son nom. On retient néanmoins cette définition de l’Europe parce qu’elle nous paraît s’appliquer admirablement à l’Europe actuelle. De fait, cette définition nous force à examiner sous un nouveau jour les multiples crises qui secouent l’Europe aujourd’hui. Il apparaît alors que ce qui manque le plus à cette dernière est une politique des flux, du type de celle que Deleuze et Guattari avaient imaginée.