La langue-culture française : tribut & butin de guerre et émergence d’une “francophilie critique” chez les universitaires algériens scolarisés dans les lycées français et franco-musulmans (Algérie, 1950 - 1960)

Cet article analyse la construction d’un rapport complexe à la langue-culture française chez les universitaires algériens scolarisés dans les lycées français et les lycées franco-musulmans en Algérie durant la décennie charnière 1950-1960. À travers une approche transdisciplinaire (histoire, histori...

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Dettagli Bibliografici
Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/multilinguales,
Autori principali: Fradj, Radhia, Bendiha, Djamel
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Multilinguales 2026
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Cet article analyse la construction d’un rapport complexe à la langue-culture française chez les universitaires algériens scolarisés dans les lycées français et les lycées franco-musulmans en Algérie durant la décennie charnière 1950-1960. À travers une approche transdisciplinaire (histoire, historiographie, anthropologie linguistique, sociolinguistique, sociologie, philosophie de l’éducation) et une méthodologie mixte (qualitative, quantitative, comparative), nous examinons comment l’école coloniale, instrument de domination, via l’enseignement du second degré, a paradoxalement fourni les outils d’émancipation. Les résultats, issus d’archives, de questionnaires et d’entretiens, révèlent que la langue-culture française, initialement un “tribut” payé à l’ordre colonial, s’est transformée en “butin de guerre” intellectuel et politique. L’analyse mobilise les théories postcoloniales (Said, Bhabha) et l’ethnologie de l’interculturel en confrontant les données empiriques à l’idéal de l’humanisme universaliste promu par des figures de l’Éducation nationale française de l’époque, tel que Charles Brunold. Les expériences des élèves mettent en lumière les contradictions d’un système qui, tout en prônant une méritocratie universelle, reposait sur la ségrégation. L’étude conclut à l’émergence d’une “Francophilie Critique” : une appropriation stratégique de la langue-culture française, valorisée pour son accès au savoir universel mais dissociée de son héritage colonial, qui a durablement structuré l’élite intellectuelle de l’Algérie indépendante. L’apport, de cette recherche qui se positionne en complément des études existantes en introduisant le prisme de la “Francophilie Critique”, est une meilleure compréhension des stratégies d’adaptation, de négociation identitaire et de résistance symbolique déployées par les universitaires algériens, contribuant ainsi à une histoire intellectuelle et culturelle nuancée de l’Algérie coloniale.