Enseignement et revitalisation des langues minorées et minoritaires, en Algérie : enjeux identitaires, défis nationaux et faisabilité

C’est désormais devenu une sorte de rituel académique que l’on revienne, toujours, sur le fait que l’Algérie présente un paysage linguistique diversifié et complexe. Ce paysage est hérité d’une histoire marquée par la cohabitation du tamazight, de l’arabe classique (avec sa variante dialectale natio...

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Bibliografische gegevens
Gepubliceerd in:URI:https://journals.openedition.org/multilinguales,
Hoofdauteurs: Abdellaoui, Aomar, Bektache, Mourad
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: Multilinguales 2026
Onderwerpen:
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Omschrijving
Samenvatting:C’est désormais devenu une sorte de rituel académique que l’on revienne, toujours, sur le fait que l’Algérie présente un paysage linguistique diversifié et complexe. Ce paysage est hérité d’une histoire marquée par la cohabitation du tamazight, de l’arabe classique (avec sa variante dialectale nationale), du français et, plus récemment, de l’anglais. Cette cohabitation reflète une mosaïque identitaire, mais elle génère, également et naturellement, une hiérarchisation des langues. Le présent article se penche sur la question qui commence à être, souvent, soulevée, par les spécialistes (notamment, Dourari, 2022), l’enseignement des langues minorées et minoritaires, en particulier le tamazight et ses variantes, dans un contexte où leur reconnaissance constitutionnelle reste en décalage avec leur faible intégration éducative. La distinction entre « langue minorée » (mise en situation de relégation par des politiques) et « langue minoritaire » (parlée par un petit nombre de locuteurs) est essentielle pour comprendre les enjeux sociolinguistiques algériens. Le tamazight, bien qu’ayant un poids démographique conséquent, a été marginalisé historiquement, de même que l’arabe dialectal, exclu de l’espace scolaire. L’étude mobilise une approche socio-historique et une enquête par questionnaire menée auprès d’enseignants et d’étudiants. Les résultats révèlent que malgré des avancées symboliques (décrets, création d’institutions, ouverture de départements universitaires), de nombreux obstacles freinent l’enseignement effectif du tamazight : pénurie d’enseignants, absence de standardisation, ressources insuffisantes, résistances idéologiques et stigmatisation sociale. L’article propose une réflexion sur les enjeux identitaires, soulignant que l’enseignement des langues minorées pourrait contribuer à une réconciliation culturelle. Il plaide pour une politique éducative plurilingue fondée sur la reconnaissance, la justice linguistique et la valorisation du patrimoine algérien dans toute sa diversité.