Le paysage linguistique de Constantine : entre normes institutionnelles et voix populaires

Cette recherche interroge la place du multilinguisme dans la lecture du paysage urbain de Constantine, ville millénaire au riche héritage historique et linguistique. L’espace urbain y est envisagé comme une scène d’expression et de communication où s’articulent deux dimensions majeures  : la signalé...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/multilinguales,
Autors principals: Foughali, Esma, Bourahli, Radja Maya
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Multilinguales 2026
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:Cette recherche interroge la place du multilinguisme dans la lecture du paysage urbain de Constantine, ville millénaire au riche héritage historique et linguistique. L’espace urbain y est envisagé comme une scène d’expression et de communication où s’articulent deux dimensions majeures  : la signalétique institutionnelle, qui traduit des politiques linguistiques et des pratiques normées, et les graffitis, inscriptions spontanées véhiculant des messages civiques, identitaires ou sociopolitiques. À travers une méthodologie qualitative combinant une immersion de terrain, des relevés photographiques et l’application du cadre théorique du Linguistic Landscape, l’étude analyse la diversité et la stratification linguistique dominée par l’arabe classique, l’arabe dialectal et le français. Les résultats mettent en évidence une ville-palimpseste, où les couches linguistiques issues de périodes historiques différentes se superposent et dialoguent, révélant à la fois des continuités, des tensions et des mutations identitaires. Constantine apparaît ainsi comme un laboratoire vivant où les discours officiels et les expressions populaires coexistent, parfois en harmonie, parfois en confrontation, et où les murs deviennent des supports de mémoire, de pouvoir et de résistance. Cette lecture du paysage linguistique soulève plusieurs questions  : dans quelle mesure la coexistence de ces écritures contribue-t-elle à la construction d’une identité urbaine partagée  ? Peut-on considérer le paysage linguistique comme un indicateur des transformations sociales et culturelles d’une ville  ?