Faits et idéologies dans la question de la graphie pour la langue amazighe

Les enjeux de politique culturelle en Algérie sont au centre de la question de la graphie pour l’amazigh. L’écrit et le produit de l’écrit en condensent l’essentiel. Celui-ci est en graphie latine. C’est là un fait vérifié et vérifiable. Un fait en devenir mélioratif certes mais incontestable. Un fa...

Ausführliche Beschreibung

Gespeichert in:
Bibliographische Detailangaben
Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/multilinguales,
1. Verfasser: Sini, Chérif
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Multilinguales 2026
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Les enjeux de politique culturelle en Algérie sont au centre de la question de la graphie pour l’amazigh. L’écrit et le produit de l’écrit en condensent l’essentiel. Celui-ci est en graphie latine. C’est là un fait vérifié et vérifiable. Un fait en devenir mélioratif certes mais incontestable. Un fait accompli sur lequel pourrait reposer une décision de politique linguistique. D’usage symbolique et suspecté d’instrumentalisation, la graphie tifinagh peine à servir de support à des écrits aussi remarquables que ceux produits au moyen de la graphie latine. Atténuer cette suspicion en en faisant un outil de création culturelle et d’innovation littéraire, un instrument éditorial et de pratiques pédagogiques, comme cela se fait avec la graphie latine aussi, appelle une rupture avec la vision ‘’patrimonialiste’’ de l’amazigh et sa gestion intégrative en cours pour un projet visant explicitement sa modernisation et exigeant alors une programmation budgétaire corollaire à même de gagner la confiance de ses défenseurs dont le sentiment de marginalisation et d’exclusion est encore fort malgré les concessions en faveur de l’amazighité. Présentée comme une exigence pour promouvoir l’amazigh, la graphie arabe incarne la nature du rapport à l’amazigh de ses tenants pour qui l’arabe doit prévaloir partout sur l’amazigh alors que les défenseurs de celui-ci exigent, au nom des données sociohistoriques constitutives de l’agérianité, la co-officialité des deux langues.