Créer des passerelles entre les mondes… L’œuvre interculturelle de Nguyễn Văn Vĩnh (1882-1936)

Au début du xxe siècle, en Asie orientale, nombre de lettrés traduisirent des œuvres occidentales pour accéder au savoir de ceux qui dominaient alors le monde. En Indochine française, le vietnamien Nguyễn Văn Vĩnh fut l’un de ces lettrés, mais la perspective dans laquelle il s’inscrivait était uniqu...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/moussons,
Egile nagusia: Affidi, Emmanuelle
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Moussons 2015
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Au début du xxe siècle, en Asie orientale, nombre de lettrés traduisirent des œuvres occidentales pour accéder au savoir de ceux qui dominaient alors le monde. En Indochine française, le vietnamien Nguyễn Văn Vĩnh fut l’un de ces lettrés, mais la perspective dans laquelle il s’inscrivait était unique : il pensait que son pays avait intérêt à s’inspirer du colonisateur pour trouver sa propre voie dans le monde moderne ; parce qu’elle était la puissance culturelle par excellence et la patrie des droits de l’homme, la France républicaine devait pouvoir servir de modèle aux Vietnamiens à ce moment de leur histoire. Vĩnh se servit de la presse de vulgarisation et de la traduction d’œuvres littéraires en quốc ngữ (écriture romanisée) pour diffuser auprès de ses compatriotes les idées nouvelles devant leur permettre de prendre en main leur propre destin dans un monde chinois en pleine mutation. Dans son projet, il importait que les peuples français et vietnamiens apprennent à se connaître et à se comprendre : les Vietnamiens devaient être initiés à la culture française et aux valeurs démocratiques, ainsi qu’à leur propre patrimoine culturel, qu’ils devaient se réapproprier ; mais parallèlement, il fallait faire connaître la culture vietnamienne aux Français, afin que le colonisateur se hisse au niveau de la mission civilisatrice qu’il affichait par ailleurs pour justifier son action en Indochine. Vĩnh travailla donc sans relâche à créer des passerelles entre Français et Vietnamiens, se faisant systématiquement « interprète » entre les mondes.