« I don’t see anything wrong with a piece of reporting turning into a fable »: This American Life, ou la tentation de la fiction
Diffusée sur les ondes de la radio publique américaine depuis 1995 et disponible en podcast depuis 2006, l’émission de radio This American Life est ouvertement influencée par la démarche d’auteurs de non-fiction littéraire : chaque semaine, un thème y est abordé en plusieurs « actes », de courts réc...
שמור ב:
| הוצא לאור ב: | URI:https://journals.openedition.org/miranda, |
|---|---|
| מחבר ראשי: | |
| פורמט: | Article ou chapitre numérique |
| שפה: | Français |
| יצא לאור: |
Miranda
2026
|
| נושאים: | |
| גישה מקוונת: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| סיכום: | Diffusée sur les ondes de la radio publique américaine depuis 1995 et disponible en podcast depuis 2006, l’émission de radio This American Life est ouvertement influencée par la démarche d’auteurs de non-fiction littéraire : chaque semaine, un thème y est abordé en plusieurs « actes », de courts récits qui peuvent prendre la forme de reportages, d’interviews, d’essais, ou de fictions, souvent narrés à la première personne et toujours savamment construits. L’un de ces épisodes, « Mr Daisey and the Apple Factory », présenté comme un documentaire sur les conditions de travail dans les usines chinoises d’Apple, a fait scandale en 2012 lorsqu’une contre-enquête a révélé que certaines parties du récit avait été inventées par l’auteur, Mike Daisey. Le segment est alors remplacé par un autre épisode intitulé « Retraction », au cours duquel le producteur de l’émission, Ira Glass, confronte le documentariste fabuliste à l’antenne, dans un exercice de contrition publique qui provoque à l’entendre un véritable malaise. Cet article s’intéresse à l’influence du médium sonore (radio et/ou podcast) sur la production et la réception de la nonfiction narrative. Nous nous interrogeons sur le potentiel d’authentification, voire de séduction, du son et de la voix. Il examine la façon dont les différentes parties ont pris acte du scandale et les stratégies adoptées pour le surmonter. L’affaire Daisey est un exemple de rupture du pacte documentaire qui se produit lorsqu’un auteur s’affranchit de la rigueur factuelle du journalisme ; mais les suites qui lui ont été données révèlent à leur tour une dramatisation des faits témoignant de cette tentation de la fiction. |
|---|