« The disease of feeling » : Thomas Hardy et l’évolution excessive

L’influence du darwinisme et des théories de l’évolution sur l’écriture de Hardy n’est plus à démontrer. C’est pourtant dans son exploration du sort de l’homme dans un monde alors privé de Dieu que Hardy va se distinguer du darwinisme, non pas en s’opposant aux théories de l’évolution, mais en les p...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/miranda,
Autore principale: Estanove, Laurence
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Miranda 2013
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Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:L’influence du darwinisme et des théories de l’évolution sur l’écriture de Hardy n’est plus à démontrer. C’est pourtant dans son exploration du sort de l’homme dans un monde alors privé de Dieu que Hardy va se distinguer du darwinisme, non pas en s’opposant aux théories de l’évolution, mais en les poussant à bout. Chez Hardy comme chez nombre de ses contemporains, c’est l’accès à la conscience qui distingue, dans le cadre du processus d’évolution des espèces, l’homme des autres êtres vivants. Si l’homme est ainsi, pour certains, tels que Bergson, le stade ultime de l’évolution, pour Hardy, cette dernière étape est loin de constituer une réussite ou un accomplissement : « the human race is too extremely developed for its corporeal conditions, the nerves being evolved to an activity abnormal in such an environment », écrit-il en effet en 1889. L’être humain a donc connu une étape supplémentaire, inédite et douloureuse, dans son évolution, véritable « maladie de l’affect » ('Before Life and After'), directement responsable de ses souffrances. Chez Hardy, l’évolution pose ainsi problème en tant qu’elle est excessive, laissant l’homme désemparé par l’étendue de ses connaissances, plutôt qu’enorgueilli par la force de son intellect, état paradoxalement misérable, entre lucidité démiurgique et tentation d’ignorance, voire d’objectification.