Submorphémique et corporéité cognitive
La parole a longtemps été considérée comme l’encodage des idées, et les langues comme des formalismes fournissant des schémas conceptuels et représentationnels participant à l’encodage des idées en vue des échanges communicationnels. Cette étude montre que la « parlance » (languaging, au sens donné...
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| Dans: | URI:https://journals.openedition.org/miranda, |
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| Auteur principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
Miranda
2013
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| Sujets: | |
| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | La parole a longtemps été considérée comme l’encodage des idées, et les langues comme des formalismes fournissant des schémas conceptuels et représentationnels participant à l’encodage des idées en vue des échanges communicationnels. Cette étude montre que la « parlance » (languaging, au sens donné à ce terme par Maturana et Varela dans le cadre théorique de l’enaction et de la cognition corporelle) doit être définie comme une coordination d’actions incarnées : le lexique en tant qu’unités d’actions vocales suscitant la réminiscence de notions dialogiques, les morphèmes grammaticaux qui activent des schèmes procéduraux combinatoires dynamiques, la syntaxe en tant qu’ensemble de séquences routinières. Cette coordination de comportements moteurs est utilisée pour susciter des évènements perceptuels qui doivent être sémiotisés à la fois par l’interprétant à qui s’adresse le message et par le penseur réflexif, qui peut ainsi « se faire penser lui-même » en ayant recours à ces ressources procédurales : chaque langage fonctionne comme une technique cognitive, une discipline incarnée dont la fonction est de produire des actes de conscience en utilisant les procédures corpo-cognitives disponibles dans un lexique et une grammaire donnés. Dans cette étude, on montre que la submorphologie joue un rôle déterminant dans le profilage des processus cognitifs qui sont mobilisés par les formes vocales utilisées pour produire la parole. En langue anglaise, la submorphologie lexicale, notamment les noyaux consonantiques nommés « phonesthèmes », a pour rôle d’ancrer les notions lexicales dans des champs sémantiques concernant l’expérience sensori-motrice typique à laquelle la communauté est entraînée à conceptualiser la notion. Pour sa part, la morphologie grammaticale implique des unités submorphémiques plus basiques dont l’effet est d’activer des schèmes cognitifs procéduraux radicaux, les « cognèmes », mobilisés dans l’élaboration de schémas dynamiques complexes (la deixis, la représentation de l’espace et du temps, la modalité, les relations interpersonnelles). La coordination des submorphologies lexicale et grammaticale permet de produire une modélisation partielle de la manière dont le sens est produit en éprouvant l’expérience des couples motri-sensoriels correspondant aux formes vocales recrutées dans ce processus. |
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