Le monde vu par un autre

Premier Contact (Arrival), film de Denis Villeneuve sorti en 2016, explore les liens entre langage et cognition, et s’engage en faveur de l’hypothèse linguistique dite de Sapir-Whorf, selon laquelle le langage maîtrisé par un individu façonne sa cognition et son rapport au monde. Le film met en scèn...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/miranda,
Egile nagusia: Jaunas, Vincent
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Miranda 2021
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Premier Contact (Arrival), film de Denis Villeneuve sorti en 2016, explore les liens entre langage et cognition, et s’engage en faveur de l’hypothèse linguistique dite de Sapir-Whorf, selon laquelle le langage maîtrisé par un individu façonne sa cognition et son rapport au monde. Le film met en scène une linguiste qui, en apprenant la langue d’une race extra-terrestre venue sur Terre, se découvre capable de penser à la manière des créatures ; or, il s’agit d’une découverte révolutionnaire, puisque maîtriser cet exo-langage permet à l’héroïne de transcender la vision du temps qui façonne l’expérience humaine, et d’ainsi prévoir le futur. Cet article suggère qu’en mettant en scène une telle révolution cognitive et perceptuelle, le film interroge les potentialités de l’identification cinématographique : en s’identifiant à l’héroïne, les spectateurs peuvent-ils faire l’expérience d’un rapport au monde si radicalement autre ? Nous verrons que le film célèbre le caractère éthique de l’identification cinématographique, tout en incitant les spectateurs à s’interroger sur les limites du dispositif cinématographique et, à travers lui, sur les limites de la capacité humaine à véritablement s’identifier à autrui.