Les ambivalences ouest-allemandes face à la question yougoslave de l’Ostpolitik à l’unification

On oublie souvent dans l’affrontement bipolaire entre les deux camps, occidental et socialiste durant la période 1945-1990, dite de « guerre froide », le rôle qu’a joué le « tiers-monde » - au sens politique du terme, rassemblé à partir de 1961 au sein de ce que l’on désigne comme le « mouvement non...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/mimmoc,
Autore principale: THOREL, Julien
Natura: Article ou chapitre numérique
Pubblicazione: Mémoire(s), identité(s), marginalité(s) dans le monde occidental contemporain 2016
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:On oublie souvent dans l’affrontement bipolaire entre les deux camps, occidental et socialiste durant la période 1945-1990, dite de « guerre froide », le rôle qu’a joué le « tiers-monde » - au sens politique du terme, rassemblé à partir de 1961 au sein de ce que l’on désigne comme le « mouvement non-aligné », c’est-à-dire l’ensemble des États qui n’ont adhéré ni à l’un ni à l’autre des deux blocs (blockfrei en allemand). Membre fondateur et chef de file du mouvement non-aligné, la Yougoslavie est un bon exemple de terrain d’application de la politique ouest-allemande - et occidentale de manière générale – à l’égard des pays non-alignés qui ont constitué, jusqu’à l’érosion du bloc socialiste dans le sillage de l’Ostpolitik et du processus de Détente, un véritable enjeu diplomatique entre les deux camps, dont l’objectif était la victoire idéologique mondiale, celle d’un modèle socio-économique, d’une culture politique. Si la politique yougoslave de la RFA sur la période de 1974 à 1989 a oscillé entre un soutien bienveillant et un renforcement des liens politiques, économiques et culturels, la normalisation des relations germano-yougoslaves fut cependant l’un des signes avant-coureurs du « changement par le rapprochement » qui constitue sur la période le cœur de la stratégie de Bonn à l’égard du bloc oriental. Après 1990, le gouvernement Kohl/Genscher a en revanche favorisé les indépendances slovènes et croates avant même leurs proclamations en septembre 1991, au nom d’une Realpolitik de stabilisation de sa périphérie proche qui permettait de sauver de la Yougoslavie ce qui pouvait encore l’être.