« L’ossuaire des Slaves » ?
Une partie considérable de l’Allemagne actuelle (jusqu’à l’Elbe à l’ouest et à la Franconie au sud) était habitée par des Slaves au Xe/XIe siècle. Grâce à la domination politique allemande, la noblesse germanophone et une colonisation interne, presque tout ce terrain fut germanisé jusqu’au XXe siècl...
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| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/mimmoc, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Publicado em: |
Mémoire(s), identité(s), marginalité(s) dans le monde occidental contemporain
2015
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| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Une partie considérable de l’Allemagne actuelle (jusqu’à l’Elbe à l’ouest et à la Franconie au sud) était habitée par des Slaves au Xe/XIe siècle. Grâce à la domination politique allemande, la noblesse germanophone et une colonisation interne, presque tout ce terrain fut germanisé jusqu’au XXe siècle et devint ainsi « l’ossuaire des Slaves » (J. Kollár). Mais les Slaves ont laissé des traces dans cette Slavia submersa: des toponymes, des traditions, des coutumes. Et elle était (et est encore) bien enracinée dans la mémoire collective des Slaves, surtout dans le contexte du conflit entre panslavisme et pangermanisme.Il reste ainsi une « île » (ou plutôt un archipel) slave dans cette « mer » germanique: les Sorabes en Saxe et au Brandebourg. Cette Slavia, soumise à la pression assimilatrice, a survécu à l’assimilation parfois « organique », parfois forcée (par les autorités, par l’Église) et combat aujourd’hui l’influence assimilatrice d’un monde toujours plus mobile, plus globalisé et plus médiatisé pour garder son identité. Cette défense se concentre avant tout sur la conservation de la langue (le haut- et le bas-sorabe), mais c’est aussi un combat territorial: d’abord du territoire linguistique (présence de la langue, des toponymes, des inscriptions etc.), mais également du territoire réel: dans la région, l’exploitation à ciel ouvert du lignite entraîne souvent la « dévastation » de villages sorabophones et la transplantation de la population sorabophone dans des régions germanophones ce qui engendre presque toujours une assimilation linguistique accélérée. Et la défense est basée sur les protections constitutionnelle et légale accordées à la minorité, mais souvent interprétées en leur défaveur. Vu le nombre considérable de facteurs défavorables (modernisation, globalisation, mobilité etc.), le futur de la minorité, surtout des Bas-Sorabes, est incertain, mais la lutte est engagée. |
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