Les morts dans les pensionnats indiens au Canada : enjeux de mémoire et d’oubli

Mai 2021 : à Kamloops, en Colombie-Britannique, la chef de la Première Nation des Tk’emlúps te Secwépemc annonce aux médias que 215 anomalies ont été détectées au géoradar sur le terrain d’un ancien cimetière à côté de ce qui fut un pensionnat indien, correspondant probablement aux restes de 215 enf...

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Uloženo v:
Podrobná bibliografie
Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/mimmoc,
Hlavní autor: Bousquet, Marie-Pierre
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Mémoire(s), identité(s), marginalité(s) dans le monde occidental contemporain 2026
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:Mai 2021 : à Kamloops, en Colombie-Britannique, la chef de la Première Nation des Tk’emlúps te Secwépemc annonce aux médias que 215 anomalies ont été détectées au géoradar sur le terrain d’un ancien cimetière à côté de ce qui fut un pensionnat indien, correspondant probablement aux restes de 215 enfants. Un mois après, c’est à côté du pensionnat de Marieval, en Saskatchewan, qu’une fouille du même type révèle la présence de 715 tombes anonymes. Ces événements déclenchent un tollé médiatique et social. D’autres découvertes vont suivre, augmentant le nombre connu d’enfants autochtones qui seraient décédés dans ou à cause de ces pensionnats : du chiffre 3200, l’estimation est passée à celui de 6000. Qui le savait, et depuis quand ? Comment se fait-il que le grand public ait paru ignorer ces morts ? Pourquoi les politiciens semblaient-ils ne pas savoir que le volume 4 du rapport de la Commission de vérité et réconciliation, sorti en 2015, portait expressément sur les enfants disparus ? S’agit-il d’une amnésie, ou bien d’un oubli, voire d’un déni ? À la lumière des définitions de ces termes en sciences sociales, nous analyserons les enjeux de l’histoire des pensionnats indiens au Canada. Pour ce faire, nous remonterons le temps, jusqu’à la création des premiers pensionnats, pour établir une chronologie inversée susceptible d’expliquer le long effacement de cet épisode de la mémoire collective et les difficultés de décoloniser le récit historique national.