La question humaniste de la « bonne nature » dans les usages phénoménologiques de Descartes

Ce texte a pour objet de comparer différentes lectures phénoménologiques de la théorie cartésienne de la connaissance, en montrant comment celle-ci est mobilisée pour répondre à certaines inquiétudes contemporaines. En premier lieu, nous pouvons constater une tension intéressante entre le modèle d’u...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/methodos,
Autor Principal: Lelong, Frédéric
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Methodos 2018
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Ce texte a pour objet de comparer différentes lectures phénoménologiques de la théorie cartésienne de la connaissance, en montrant comment celle-ci est mobilisée pour répondre à certaines inquiétudes contemporaines. En premier lieu, nous pouvons constater une tension intéressante entre le modèle d’un « monde crépusculaire » de la science cartésienne développé par Jean-Luc Marion et celui d’un « monde de lumière » décrit par Emmanuel Levinas dans De l’existence à l’existant. Alors que le premier traduit l’emprise métaphysique d’une volonté de puissance égologique, le second rend possible dans une certaine mesure la liberté d’un arrachement à l’être. Toutefois, ces deux modèles se rejoignent sur un point fondamental, à savoir le caractère à la fois égologique et carcéral du monde de l’objectivité. En outre, ces deux interprétations ne permettent pas de rendre justice à l’idée cartésienne que Dieu nous a donné une « bonne nature », du point de vue de la lumière naturelle, mais aussi des passions. C’est pourquoi nous proposons dans ce travail une lecture phénoménologique de Descartes qui prenne davantage en considération cette idée de « bonne nature ». Cette lecture devra prendre en compte la sensibilité humaniste de Descartes tout en respectant les enjeux contemporains liés à la phénoménologie. Cet autre modèle propose de repenser la métaphysique de l’objectivité à partir de notions et de perspectives qui ne renvoient pas à la solitude de l’ego, mais plutôt au cadre humaniste de la civilité, tout en respectant la valeur humaine du savoir.