Un siècle de chimie à l'Académie royale des sciences

Le laboratoire alchimique, lieu privilégié de l’élaboration de la chimie ancienne, symbolisait à la fois le caractère privé, si ce n’est secret, de cette science et sa nécessaire articulation avec une pratique qui lui donnait son sens : il ne s’agissait pas seulement de trouver la pierre philosophal...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/methodos,
Outros Autores: Joly, Bernard
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Methodos 2012
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Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Le laboratoire alchimique, lieu privilégié de l’élaboration de la chimie ancienne, symbolisait à la fois le caractère privé, si ce n’est secret, de cette science et sa nécessaire articulation avec une pratique qui lui donnait son sens : il ne s’agissait pas seulement de trouver la pierre philosophale, mais aussi de fabriquer médicaments et substances chimiques répondant à des demandes sociales. L’introduction de la chimie parmi les « classes » de l’Académie royale des sciences va transformer son statut en lui donnant à la fois le caractère public et abstrait d’un savoir qui conserve pourtant sa dimension pratique. Désormais, la chimie ne se développe plus seulement dans les laboratoires, mais aussi au fil des communications et des débats qui opposent les chimistes entre eux tout en les confrontant aux théories et aux contestations des autres sciences. En un siècle, qui conduit des derniers paracelsiens aux premiers travaux de Lavoisier, la chimie s’est profondément transformée, poussée à la nouveauté à la fois par le dépassement de ses contradictions internes et par la nécessité de s’inscrire dans les schémas scientifiques qui structurent la pensée de son temps. The alchemical laboratory, being the privileged place in which ancient chemistry was elaborated, symbolized both the private—if not secret—character of this science, and its necessary articulation together with the practice which gave it meaning. Not only a question of finding the philosopher’s stone, it was also a matter of producing medicines and chemical substances in response to social demands. The introduction of chemistry among the Royal Academy of Sciences’ “classes” transformed its status by giving it both the public and abstract character of a knowledge which nevertheless retained its practical dimension. From that point onward, chemistry developed not only in laboratories, but also through the communications and debates pitting chemists against each other, while at the same time confronting them with theories and challenges from other sciences. In a single century, leading from the last Paracelsians to the first works of Lavoisier, chemistry was profoundly transformed—driven to novelty both by overcoming its internal contradictions and by its need to conform to the scientific schemes which structured the thinking of the time.