La casuistique médiévale à l’œuvre
Entre les années 1230 et les années 1390, la Pénitencerie Apostolique – un office pontifical né à la charnière des xiie et xiiie siècles – produit ses propres instruments de travail. Leur dénomination est des plus ambiguës – recueils, formulaires, registres – puisque ces compilations de lettres se s...
Uloženo v:
| Vydáno v: | URI:https://journals.openedition.org/mefrm, |
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| Hlavní autor: | |
| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Jazyk: | Français |
| Vydáno: |
Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge
2014
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| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | Entre les années 1230 et les années 1390, la Pénitencerie Apostolique – un office pontifical né à la charnière des xiie et xiiie siècles – produit ses propres instruments de travail. Leur dénomination est des plus ambiguës – recueils, formulaires, registres – puisque ces compilations de lettres se situent au croisement de logiques de composition, d’agencement et de classement fort différentes. En changeant d’échelle d’analyse pour nous situer « au ras » de la lettre, nous montrons que leur élaboration relève aussi de pratiques casuistiques. Par le jeu de la codification diplomatique, de la qualification de la faute, et de la standardisation des sentences, les lettres s’apparentent en effet à des casus. Leur degré de formalisation et d’abstraction varie certes, mais tous ingèrent la norme juridique de façon à la rapprocher du « fait ». C’est donc la flexibilité du droit, et non sa stricte application qui se donne à voir dans cette documentation. In fine, ces lettres agencées et ordonnées en recueils constituent de véritables outils administratifs, visant à routiniser l’activité de l’office, donc à faciliter l’exercice du pouvoir papal. Dans les « cas » des formulaires de la Pénitencerie ne vient pas seulement se loger le travail anodin du scribe faisant les délices du diplomatiste, mais aussi la chrysalide du gouvernement administratif. |
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