«Dedans et dehors» : confréries, charité et espace urbain

Des sondages effectués dans les archives des confréries du Frioul permettent de souligner le rôle qui est le leur dans la mise en place, à la fin du Moyen Âge, de réseaux et de stratégies de solidarité au cœur de l’espace urbain. Au nom de la charité chrétienne, le mouvement confraternel tente de ré...

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發表在:URI:https://journals.openedition.org/mefrm,
主要作者: Martignoni, Andrea
格式: Article ou chapitre numérique
語言:Français
出版: Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge 2014
在線閱讀:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
實物特徵
總結:Des sondages effectués dans les archives des confréries du Frioul permettent de souligner le rôle qui est le leur dans la mise en place, à la fin du Moyen Âge, de réseaux et de stratégies de solidarité au cœur de l’espace urbain. Au nom de la charité chrétienne, le mouvement confraternel tente de répondre à un besoin croissant d’entraide et d’assistance qui caractérise la société urbaine des derniers siècles du Moyen Âge. Parmi les paramètres qui peuvent permettre de mieux saisir le champ d’action confraternel, nous avons choisi de privilégier, en parlant «du dedans et du dehors», la question du décloisonnement des dynamiques de solidarité tant d’un point de vue sociologique que spatial. En effet, si la solidarité est avant tout un principe qui concerne les relations entre les membres officiellement inscrits à telle ou telle autre association, elle est aussi l’opportunité d’une ouverture. Quelques exemples concrets en témoignent. Lorsque, par exemple, il faut organiser les funérailles des membres défunts et prendre en charge la prière pour leurs âmes, le soutien confraternel dépasse le cercle restreint du groupe pour toucher également toutes les personnes qui entretiennent des liens de parenté avec les confrères ou les consœurs. L’action de solidarité en cas de décès s’incarne aussi dans l’espace, participant par conséquent à la définition d’une géographie de l’assistance. On y voit apparaître des constantes mais aussi des variations. La solidarité confraternelle est généralement limitée au périmètre urbain. Si le corps du défunt se trouve à l’extérieur de la ville, c’est à la famille que revient la responsabilité de le prendre en charge. Mais des exceptions existent. Certaines confréries, en effet, suivent d’autres règles en étendant leur action à l’extérieur de la cité. La vocation hospitalière de ces associations, en outre, les pousse à accroitre et élargir leur rayon d’action. L’agrandissement des structures préexistantes voire la construction de grands hôpitaux permet ainsi d’accueillir de plus en plus de besogneux externes à l’association et finit par modifier sensiblement l’emprise des confréries sur l’espace urbain.