Pouvoir comtal et territoire. Réflexion sur les partages de l’ancien comté de Provence au xiie siècle

L’étude de quelques documents diplomatiques (douaires et traités) envisageant la dévolution ou la répartition des droits comtaux en Provence permet de mettre en relief l’évolution profonde des rapports entre pouvoir comtal et espace entre le début du xie siècle et la fin du xiie siècle. Après un xie...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/mefrm,
1. Verfasser: Mazel, Florian
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge 2014
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:L’étude de quelques documents diplomatiques (douaires et traités) envisageant la dévolution ou la répartition des droits comtaux en Provence permet de mettre en relief l’évolution profonde des rapports entre pouvoir comtal et espace entre le début du xie siècle et la fin du xiie siècle. Après un xie siècle marqué par une complexité croissante, en raison d’une indivision ouverte à des ayants-droits de plus en plus nombreux, issus de maisons comtales concurrentes, la grave crise militaire des années 1119-1125 débouche sur le partage de la Provence en trois grands ensembles : comté de Provence, marquisat de Provence et comté de Forcalquier. Cette évolution manifeste l’essor d’une conception plus territoriale du pouvoir comtal : le comté est désormais considéré comme un espace politique défini par des limites linéaires et originales, distinctes de la géographie ecclésiastique et souvent appuyées sur la géographie physique, quand bien même ces limites apparaissent-elles régulièrement contrariées par les fidélités féodales, les prises de guerre, les transferts patrimoniaux... Cette évolution témoigne d’abord d’un ajustement croissant aux réalités matérielles de l’exercice du pouvoir et notamment au rôle déterminant des châteaux. Mais elle s’explique surtout par la transformation des pratiques successorales des familles comtales méridionales (l’adoption de la primogéniture déjà en usage dans les maisons princières du nord de la Francia) et par la « laïcisation » du pouvoir princier, marquée, dans le contexte grégorien, par le déclin de l’emprise sur les episcopatus et l’affaiblissement du lien entre cité et territoire.