Pouvoirs et protagonistes territoriaux dans le domaine ducal gascon : l’Entre-deux-Mers bordelais d’après l’enquête de 1236-1237
Le Bordelais comme une large partie de la Gascogne landaise présentent l’originalité d’avoir conservé du xie jusqu’au milieu du xiiie siècle un important domaine ducal hérité des anciens comtes de Bordeaux et de Gascogne au sein duquel, aux côtés des communautés paysannes, coexiste une strate de sei...
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| Gepubliceerd in: | URI:https://journals.openedition.org/mefrm, |
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| Hoofdauteur: | |
| Formaat: | Article ou chapitre numérique |
| Taal: | Français |
| Gepubliceerd in: |
Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge
2014
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| Online toegang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Samenvatting: | Le Bordelais comme une large partie de la Gascogne landaise présentent l’originalité d’avoir conservé du xie jusqu’au milieu du xiiie siècle un important domaine ducal hérité des anciens comtes de Bordeaux et de Gascogne au sein duquel, aux côtés des communautés paysannes, coexiste une strate de seigneuries locales. C’est en Entre-deux-Mers bordelais, région délimitée par la Garonne et la Dordogne, que l’organisation territoriale du domaine ducal s’observe le mieux, à la faveur d’une enquête menée en 1236-1237 à l’initiative du roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine, Henri III, et destinée à remédier aux exactions perpétrées par ses baillis dans la région (sénéchal, prévôts, etc.). Le procès verbal, qui énumère les aliénations du domaine ducal et présente les devoirs des communautés d’« hommes francs » (service militaire, queste collective abonnée, hébergement du prévôt et de ses mandataires, etc.) met en scène des alleutiers et leurs prud’hommes, cette strate de notables roturiers que Benoît Cursente a mis en lumière en Gascogne méridionale, médiateurs du dominium seigneurial. Leurs dépositions, s’attachant à légitimer les prestations dont ils assurent la répartition, sont marquées par le souvenir de paix princières et par le souci de faire remonter leurs franchises à l’époque carolingienne. Le procès verbal de l’enquête offre également l’opportunité de comprendre l’organisation d’un territoire et son évolution pendant les décennies antérieures. C’est d’abord l’étendue de la prévôté de l’Entre-deux-Mers que l’on peut appréhender, avec ses deux circonscriptions judiciaires. L’absence de localité ducale suffisamment notable pour polariser cet espace confirme la prégnance d’un habitat dispersé, mais pose le problème du statut des fortifications attestées aux xie et xiie siècle dans une région où l’incastellamento a peu de prise. Enfin, si le zonage des prestations des alleutiers suscite questions, l’aliénation de communautés d’hommes francs par les baillis en faveur de seigneurs laïcs voisins (Benauges, Langoiran, Rions) montre, derrière le mitage du domaine ducal, le processus de constitution des territoires seigneuriaux. |
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