Béni soit le Léviathan ? Les liturges catholiques et l’État souverain (fin XVIII-début XIXe siècle)

Bien qu'il ait été central dans l’histoire politique de la France et du monde occidental en général, le transfert de la souveraineté du roi absolu de droit divin à la nation citoyenne a été peu étudié d’un point de vue théologique. Nous nous proposons ici d’examiner la prière publique, que les...

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Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/mefrim,
Glavni avtor: Petit, Vincent R.
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Mélanges de l’École française de Rome - Italie et Méditerranée modernes et contemporaines 2017
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Opis
Izvleček:Bien qu'il ait été central dans l’histoire politique de la France et du monde occidental en général, le transfert de la souveraineté du roi absolu de droit divin à la nation citoyenne a été peu étudié d’un point de vue théologique. Nous nous proposons ici d’examiner la prière publique, que les fidèles sont astreints par l’Église à adresser à leur souverain légitime, comme lieu de tension entre théologie catholique et philosophie politique. C’est la postérité politique des controverses intra-ecclésiales qui sera ici explorée, à travers une série de textes portant sur la prière au souverain de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à 1830, c’est-à-dire de l’utilitarisme et du régalisme des Lumières à l’intransigeantisme post-révolutionnaire. La Révolution et l’irruption d’un souverain qui désormais s’identifie au peuple amènent les spécialistes de la liturgie catholique à s’interroger sur la nature et sur la forme de cette prière, voire sur sa pertinence : si le souverain légitime n’est plus le vicaire du Christ dans l’ordre temporel, l’Église doit-elle encore prier et faire prier pour lui ? La question est d’autant plus vive que, dans un régime de liberté des cultes où cependant, dans une très large mesure « l’État et l’Église sont composés des mêmes hommes » comme le dit Hobbes, la prière est mobilisée par l’État-nation en construction.