Le religieux comme objet en science politique : des recompositions de la division du travail scientifique à l’ouverture de chantiers de recherche distincts

Cet article propose un regard socio-historique sur les recherches portant sur des faits religieux en science politique française depuis la constitution de la discipline séparément du droit public dans les années 1970. Malgré un intérêt marginal initialement cantonné à la philosophie politique et à l...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/mefrim,
Autores principales: Frégosi, Franck, Silhol, Guillaume
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Anglais
Publicado: Mélanges de l’École française de Rome - Italie et Méditerranée modernes et contemporaines 2017
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Cet article propose un regard socio-historique sur les recherches portant sur des faits religieux en science politique française depuis la constitution de la discipline séparément du droit public dans les années 1970. Malgré un intérêt marginal initialement cantonné à la philosophie politique et à la sociologie électorale, une première génération de travaux apparaît dans deux champs d’études : la sociologie des mouvements islamistes et des partis politiques religieux dans les années 1980, et la sociologie de la citoyenneté, qui renouvelle les questions de la construction de l’appartenance nationale et du cléricalisme électoral. Toutefois, le sentier complémentaire de la sociologie des religions et des débats agités au début des années 2000 suscitent des contraintes pour développer ces recherches dans une sociologie politique du religieux plus autonome. En ce sens, trois nouveaux champs de recherche apparaissent, mais en relation à des problématiques généralistes de la sociologie politique : la sociologie des faits religieux dans l’Etat, dans les mobilisations et dans les politiques publiques. Cette reconfiguration amène à s’interroger sur les avantages réels d’un regard sociologique non spécifique sur le religieux, mais également les limites dans les choix d’objets et de problèmes.This article presents a socio-historical perspective on research on religious facts in French political science, since the constitution of the discipline separately from public law in the 1970s. Despite a marginal interest, which dwells first in electoral sociology and political philosophy, a first generation of works appears in two fields of studies: the sociology of Islamist movements and religious political parties in the 1980s, and the sociology of citizenship, which renews the questions of national belonging and electoral clericalism. However, the path of complementarity with sociology of religions and heated debates at the start of the 2000s create constraints to develop this research in a more autonomous political sociology of religions. For instance, three new fields of research appear, yet related to general problematics of political sociology: religion in the State, in mobilizations and in public policies. This reconfiguration leads to question the real advantages of a non-specific sociological perspective on religion, but the limits in choices of objects and issues as well.