Les Aborigènes et l’ethnographie de l’Énéide

Les Aborigènes n’étaient pas un peuple réel, mais une désignation des ancêtres des Latins. Selon le schéma traditionnel, les Latins apparaissaient lorsque les Aborigènes étaient fusionnés avec les Troyens d’Énée, le nouveau peuple ainsi formé recevant le nom de Latins, de Latinus, le roi des Aborigè...

Szczegółowa specyfikacja

Zapisane w:
Opis bibliograficzny
Wydane w:URI:https://journals.openedition.org/mefra,
1. autor: Briquel, Dominique
Format: Article ou chapitre numérique
Język:Français
Wydane: Mélanges de l’École française de Rome - Antiquité 2017
Hasła przedmiotowe:
Dostęp online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Streszczenie:Les Aborigènes n’étaient pas un peuple réel, mais une désignation des ancêtres des Latins. Selon le schéma traditionnel, les Latins apparaissaient lorsque les Aborigènes étaient fusionnés avec les Troyens d’Énée, le nouveau peuple ainsi formé recevant le nom de Latins, de Latinus, le roi des Aborigènes qui avait été tué. Virgile a rompu avec cette tradition : dans l’Énéide, le peuple qu’Énée rencontre en arrivant sur la côte du Latium est celui des Latins et Latinus est privé de son rôle d’éponyme, les Latins existant sous les règnes de ses prédécesseurs et le nom du Latium étant expliqué à partir du verbe latere, être caché, et la légende de Saturne. Des allusions montrent que Virgile connaissait bien la tradition sur les Aborigènes et les différentes explications qui avaient été proposées pour leur nom. L’absence de référence à eux n’est pas seulement due, comme le disait Servius, à l’impossibilité de faire entrer le mot Aborigines dans l’hexamètre. Elle implique une continuité directe entre les premiers temps du Latium, et spécialement l’âge d’or de Saturne, et son histoire ultérieure. Étrangement, chez Virgile, les Latins sont rangés dans le camp des ennemis d’Énée et le combattent, contrairement aux Aborigènes dans la présentation traditionnelle. Cela doit être compris en relation avec Auguste, qui inaugure un nouvel âge d’or, apportant la paix après la période sanglante des guerres civiles.