Le plurilinguisme du cinéma algérien contemporain : entre souci de réalisme et revendications politiques

Si dans les premières années de l’Indépendance, l’emploi de l’arabe standard dans le cinéma algérien est synonyme d’émancipation vis-à-vis du joug colonial, de réhabilitation d’une culture arabe disqualifiée pendant la colonisation et de construction d’une Algérie nouvelle, aujourd’hui au contraire...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/map,
Autor principal: Tenfiche, Salima
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Mise au point 2024
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:Si dans les premières années de l’Indépendance, l’emploi de l’arabe standard dans le cinéma algérien est synonyme d’émancipation vis-à-vis du joug colonial, de réhabilitation d’une culture arabe disqualifiée pendant la colonisation et de construction d’une Algérie nouvelle, aujourd’hui au contraire il est devenu symbole de négation du pluralisme culturel de la société algérienne, de conservatisme religieux, et de musèlement de la population par un régime autoritaire. À partir du concept de « diglossie » (Ferguson, 2020), qui insiste sur la hiérarchisation symbolique des langues qui coexistent sur un même territoire et leurs enjeux de pouvoir entre individus et groupes sociolinguistiques, cet article explore la complexité des rapports de force qui existent entre langues d’usage (arabe darija, berbère et français) et langue du pouvoir (arabe foussha) dans le cinéma algérien. En réhabilitant les langues d’usage, en reléguant la langue officielle aux prêches religieux, et en tenant compte de la diversité linguistique du pays, les films contemporains brisent le miroir déformant de l’identité figée construite par le FLN depuis l’Indépendance. Ce plurilinguisme, fidèle à la réalité algérienne, peut néanmoins répondre parfois à des contraintes linguistiques imposées par les guichets étrangers, alors même que le recours aux financements étrangers est d’abord une manière pour ces cinéastes d’échapper à la censure.