La question intersectionnelle à travers trois exemples du cinéma anglophone contemporain. Entre invisibilisation, revendication et discours contradictoires
En étudiant trois exemples du cinéma contemporain anglosaxon sortis à la fin des années 2010, cet article vise à montrer différentes lectures politiques et problématiques posées par la complexité du concept d’intersectionnalité au cinéma. L’article part du phénomène de feminism-washing dans l’indust...
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| Udgivet i: | URI:https://journals.openedition.org/map, |
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| Hovedforfatter: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
Mise au point
2023
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | En étudiant trois exemples du cinéma contemporain anglosaxon sortis à la fin des années 2010, cet article vise à montrer différentes lectures politiques et problématiques posées par la complexité du concept d’intersectionnalité au cinéma. L’article part du phénomène de feminism-washing dans l’industrie hollywoodienne, où la récupération d’enjeux féministes va parfois jusqu’à l’édulcoration. Dans un premier temps, le concept d’intersectionnalité servirait ainsi à dépasser la question du genre pour décrypter de façon plus complète les représentations cinématographiques, par l’analyse de l’imbrication triptyque genre-classe-race dans la fiction. Dans un deuxième temps, au-delà de l’intersectionnalité comme outil d’analyse, le concept peut être sollicité du côté de la production ou du côté de la réception, opérant différents discours sur un film : Antebellum appuie son scénario et sa promotion sur un discours intersectionnel, s’efforçant d’étudier l’intersection de différentes discriminations sous le prisme de la Black Horror, là où Suffragettes fait le choix d’invisibiliser le paramètre d’oppression de race au profit de la classe. Dans le cas de Joker, l’ambivalence du discours du film entraîne un « double speak » (pour la presse et le public), où le héros est interprété comme un représentant de la lutte des classes partageant l’oppression des femmes noires, tout en étant aussi lu comme un incel, figure symbolique de la misogynie et de l’extrême droite blanche américaine. Entre récupération, revendication, invisibilisation et discours contradictoires, les trois films étudiés exemplifient ainsi différents discours portés sur l’intersectionnalité (ou qu’on leur a attribué), jusqu’à comporter certaines limites. |
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