Revenir aux racines anthropologiques du cinéma européen
La naissance et le développement du cinéma dans la première moitié du XXe siècle s’éclairent par la place qu’il prend dans l’institution symbolique du lien social. Les sociétés européennes ont accordé aux images partagées une place structurante, en particulier dans les institutions religieuses du ch...
Uloženo v:
| Vydáno v: | URI:https://journals.openedition.org/map, |
|---|---|
| Hlavní autor: | |
| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Jazyk: | Français |
| Vydáno: |
Mise au point
2020
|
| Témata: | |
| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | La naissance et le développement du cinéma dans la première moitié du XXe siècle s’éclairent par la place qu’il prend dans l’institution symbolique du lien social. Les sociétés européennes ont accordé aux images partagées une place structurante, en particulier dans les institutions religieuses du christianisme. L’« institution des images » (Pierre Legendre) a nourri l’adhésion collective aux figures du pouvoir dans la cité et dans l’État. Ces formes propres à l’espace anthropologique européen travaillent l’articulation complexe du vécu subjectif avec les logiques symboliques à l’œuvre dans la construction d’une identité sociale.Cette réflexion s’appuie sur les textes de Christian Metz, Pierre Legendre et Marie-José Mondzain qui aident à explorer le lien du cinéma avec les imaginaires individuels et collectifs. Elle prend pour pierre de touche un corpus de quatre œuvres : les deux derniers films réalisés par Fritz Lang et Alfred Hitchcock en Europe, et ceux qui ouvrent leur seconde carrière à Hollywood. La variation des figures narratives éclaire la contribution du cinéma aux fondements symboliques de l’adhésion subjective aux normativités héritées du Texte social européen. Dans ces films se désigne aussi une instance qui légitime la fiction et son « discours mythologique », lorsque la mise en scène confronte le spectateur au vide et à la négativité, sur lesquels se fonde pourtant le discours réparateur de la fiction.Au-delà de ces exemples, on propose d’appréhender le succès du rituel cinématographique comme prolongement de la culture de l’image héritée de la tradition romano-chrétienne en Europe, au moment où le positivisme scientifique s’impose au champ social et politique : par déplacement de l’extase religieuse, le cinéma prend une place centrale dans les dispositifs culturels d’« institution des images », investissant un espace ouvert au fantastique et à l’obscur où s’exerce la complexité subjective et sociale de l’expérience filmique. |
|---|