Communions communistes (1966-1972)Une iconographie politique de l’eucharistie

Cet article se propose d’étudier un motif esthétique partagé par trois films européens réalisés au tournant des années 1970. Uccellacci e Uccellini (P. P. Pasolini, 1966), Viva la muerte (F. Arrabal, 1971) et Psaume rouge (M. Jancsó, 1972) se caractérisent tous trois par une séquence qui rejoue poli...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/map,
Autore principale: Rotival, Aurel
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Mise au point 2020
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Cet article se propose d’étudier un motif esthétique partagé par trois films européens réalisés au tournant des années 1970. Uccellacci e Uccellini (P. P. Pasolini, 1966), Viva la muerte (F. Arrabal, 1971) et Psaume rouge (M. Jancsó, 1972) se caractérisent tous trois par une séquence qui rejoue politiquement le schème religieux de la communion, directement emprunté au sacrement chrétien de l’eucharistie. Il s’agit de voir dans cette communauté figurative l’indice d’un moment singulièrement apocalyptique vécu par le monde occidental. Suite à ce diagnostic catastrophique, c’est avec la notion religieuse de salut qu’un certain pan du marxisme européen devait alors penser les notions politiques de révolution et d’émancipation. Cela devait en effet le conduire à reconsidérer à nouveaux frais les vertus mémorielles, communautaires ou salvatrices originairement portées par les représentations et les cérémonies religieuses – un tournant à la fois anthropologique et religieux dont les communions communistes repérées dans ces trois films portent la trace. Ces trois exemples sont également l’occasion de se rendre attentif aux conditions contextuelles qui, dans le cinéma européen, peuvent favoriser l’émergence de thématiques et de motifs communs transcendant les différences génériques, stylistiques ou régionales.