A propos the Puppeteer – Jean Vigo and the Cinema of Automata

Le présent article se propose d’examiner deux principaux éléments du cinéma de Jean Vigo peu étudiés jusqu’à présent : l’usage de poupées, mannequins et automates qui jouent un rôle central dans la mise en scène de Vigo et son statut de cinéaste de passage négociant le changement du cinéma muet au c...

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Hoofdauteur: Wutz, Michael
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:eng
Gepubliceerd in: Mise au point 2018
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Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Omschrijving
Samenvatting:Le présent article se propose d’examiner deux principaux éléments du cinéma de Jean Vigo peu étudiés jusqu’à présent : l’usage de poupées, mannequins et automates qui jouent un rôle central dans la mise en scène de Vigo et son statut de cinéaste de passage négociant le changement du cinéma muet au cinéma sonore. L’auteur soutient que les poupées de Vigo fonctionnent souvent comme des figurations suggestives du désir, de la consommation capitaliste et de la pensée automatique qui permettent d’analyser le comportement de leurs équivalents humains ainsi que les systèmes politique et économique qu’ils habitent. De plus, Vigo infuse ces associations avec un fort sous-texte anti-colonial de répression et d’exploitation en soulevant le voile des dimensions politiques tacites du régime colonial français, de l’idolâtrie moderniste du primitivisme et de la libération sexuelle en vogue dans les années 1920 en France. Enfin, le surchargement symbolique des poupées de Vigo est réinscrit dans les synergies audiovisuelles de ses films. Situés entre silence et son, les films de Vigo développent un registre d’intonation complexe qui s’attaque à l’écologie médiatique et, de fait, interroge le statut du cinéma comme spectacle sonore. Ses poupées et ses automates ne peuvent être entendus non comme des résidus du cinéma muet, mais plutôt comme des mannequins sots qui résistent à la nouvelle commercialisation du son ainsi que le rétrécissement des possibilités esthétiques craint (du moins) par l’avant-garde. En tant que corps sans voix, ils vocalisent leur cinématicité intrinsèque non par le son, mais par leur matérialité déformée, leurs faces grotesques et leur mobilité instable.