La Vie d’Adèle : un roman d’apprentissage mélodramatique

Le but de cet article est de montrer par quels procédés cinématographiques La vie d’Adèle, chapitre 1 et 2 construit une esthétique de l’excès qui travaille l’émotion dans le corps des personnages tout en engageant simultanément celui des spectateurs. Pour ce faire, Abdellatif Kechiche articule plus...

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Auteur principal: Bouarour, Sabrina
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Mise au point 2016
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Le but de cet article est de montrer par quels procédés cinématographiques La vie d’Adèle, chapitre 1 et 2 construit une esthétique de l’excès qui travaille l’émotion dans le corps des personnages tout en engageant simultanément celui des spectateurs. Pour ce faire, Abdellatif Kechiche articule plusieurs genres cinématographiques à forte charge émotive. Le mélodrame, d’abord, genre lacrymal par excellence, et le coming of age, d’autre part, genre qui consacre quant à lui le passage à l’âge adulte pour un adolescent au terme d’un apprentissage qui, dans ce film, a trait aux sentiments et au premier amour. A cela s’ajoute le recours à des séquences de sexe particulièrement explicites, longues, et en cela inédites, qu’il nous faudra étudier pour tenter de cerner leurs statuts, leurs fonctions et leur impact sur la réception du film. Nous envisagerons ainsi de quelles manières la Palme d’Or 2013 s’inscrit dans ce que Linda Williams nomme « films corporels», à savoir un ensemble de films caractérisé par une rhétorique de l’excès. Cet article empruntera ainsi un lexique et des concepts génériques qui appartiennent originairement au champ littéraire – mélodrame, roman d’apprentissage et mythes littéraires – afin de les appliquer au champ cinématographique, en en montrant la pertinence mais aussi les limites.