Détacher l’œil fasciné : Staël poète de la Terreur dans l’Épître au malheur

Traditionnellement considérée comme le volet absent ou stérile de l’œuvre staëlienne, la poésie représente sous sa plume, une fois désamorcés les préjugés critiques qui ont forgé sa minoration, une écriture dotée d’une relation singulière à l’émotion : sa langue musicale, affranchie des contraintes...

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In:URI:https://journals.openedition.org/lrf,
Main Author: Genand, Stéphanie
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: La Révolution française 2015
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Traditionnellement considérée comme le volet absent ou stérile de l’œuvre staëlienne, la poésie représente sous sa plume, une fois désamorcés les préjugés critiques qui ont forgé sa minoration, une écriture dotée d’une relation singulière à l’émotion : sa langue musicale, affranchie des contraintes de la syntaxe, n’agit-elle pas directement sur l’âme et la douleur ? Cette vertu modératrice ne la désigne-t-elle pas, au cœur de la Révolution, comme un discours capable de substituer, à l’impossible raisonnement du fanatisme, la sublimation des passions qui le nourrissent ? En témoigne l’Épître au malheur, composée par Staël sous le règne de Robespierre et qui associe la médiation poétique – le récit impersonnalise le lyrisme – au programme libéral de la négociation. Lancé comme un cri progressivement assourdi par le rêve d’un ailleurs et l’hypothèse d’un possible bénéfice de la Révolution, le poème staëlien invente une écriture détachée de la Terreur.