« C’est vivre qui est l’unique douleur ! ». L’écriture de la neurasthénie dans Dans le ciel

Dans le ciel est un roman de l’intime, un roman de la connaissance de soi. Le narrateur principal tente de tracer la généalogie du profond mal-être qui l’affecte. L’exposé des causes offre ainsi à Mirbeau l’occasion d’exprimer la condamnation sans appel de la famille, de l’État et de la société. Pou...

Celý popis

Uloženo v:
Podrobná bibliografie
Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/litteratures,
Hlavní autor: Gougelmann, Stéphane
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Littératures 2018
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Popis
Shrnutí:Dans le ciel est un roman de l’intime, un roman de la connaissance de soi. Le narrateur principal tente de tracer la généalogie du profond mal-être qui l’affecte. L’exposé des causes offre ainsi à Mirbeau l’occasion d’exprimer la condamnation sans appel de la famille, de l’État et de la société. Pourtant, Dans le ciel ne peut pas vraiment être qualifié de roman d’analyse car la neurasthénie n’est pas uniquement le produit des déterminismes mis au jour ; elle naît plus fondamentalement d’une angoisse métaphysique qui saisit l’âme devant l’infini du ciel. Or cette interrogation mélancolique sur la place de l’homme dans l’univers ouvre sur une crise du sens et de la représentation : comment exprimer le mystère de la vie si le secret échappe à l’intelligence ? Comment rendre par le pinceau et la peinture l’immatérialité de l’idéal ? Comment désigner le néant avec des mots de la tribu ? L’une des originalités de Dans le ciel tient à la mise en abyme qui s’opère entre ce questionnement et la poétique même du roman. Fable symboliste et tragique plus que roman naturaliste, le texte dit son incomplétude par la déstructuration, les points de suspension, un apparent inachèvement et le mot de la fin.