« Jazzophobies » : l’exemple de la France des années 1920-1930
Nul doute qu’en faisant son apparition le jazz a profondément perturbé les conceptions et représentations que l’on se faisait jusqu’alors de la musique. Dès lors, on peut se demander si la « jazzophobie » n’est qu’une variante de la « mélophobie » en général, ou si elle possède des traits spécifique...
Spremljeno u:
| Izdano u: | URI:https://journals.openedition.org/litteratures, |
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| Glavni autor: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
Littératures
2014
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| Online pristup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sažetak: | Nul doute qu’en faisant son apparition le jazz a profondément perturbé les conceptions et représentations que l’on se faisait jusqu’alors de la musique. Dès lors, on peut se demander si la « jazzophobie » n’est qu’une variante de la « mélophobie » en général, ou si elle possède des traits spécifiques. Pour tenter de répondre à cette question, nous envisageons ici les discours tenus sur son compte lors de son essor dans la France des années 1920-1930. Nous montrons alors que le jazz a mis au défi une certaine conception de la musique, qui est aussi une certaine conception de la culture occidentale, en même temps qu’un des moyens par lesquels cette dernière a entrepris d’assurer son autopromotion, très souvent à des fins d’hégémonie universelle. Le jazz a en effet pu incarner un certain retour de ce contre quoi la musique européenne, son esthétique, sa philosophie, et sa culture en général, s’étaient construites. Ce faisant, pour une civilisation occidentale qui se concevait comme entrée dans un processus de décadence, il a semblé à la fois représenter une chance en même temps qu’une menace. C’est pourquoi il a pu représenter pour elle aussi bien une hantise de dégénérescence qu’une promesse de régénération.107-125 |
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