Le passif dans la langue parlée

Ce recueil est consacré au passif, ou à ce que l’on appelle communément « voix passive ». Il réunit des travaux portant sur diverses langues vernaculaires, avec parfois une dimension contrastive. L’intérêt de cette entreprise vient du fait que la construction étudiée ici est surtout considérée dans...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/lidil,
Altri autori: Hamma, Badreddine
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Lidil 2021
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Ce recueil est consacré au passif, ou à ce que l’on appelle communément « voix passive ». Il réunit des travaux portant sur diverses langues vernaculaires, avec parfois une dimension contrastive. L’intérêt de cette entreprise vient du fait que la construction étudiée ici est surtout considérée dans ses manifestations à l’oral, à partir de situations authentiques de communication, ce qui va à l’encontre de ce qui est constaté dans la tradition grammaticale. En effet, le passif est, depuis toujours, enseigné et décrit sous l’angle de situations typiques, formatées et quasi figées, issues essentiellement de la langue écrite ou reposant sur des phrases forgées. Ainsi, dès que l’on parle du passif, on ne peut pas s’empêcher de penser au fameux exemple La souris est mangée par le chat. Le passif est le plus souvent vu comme le résultat d’un retournement de l’ordre plus neutre de ce que représenterait la contrepartie active. Il rapporterait un certain scenario, présenté sous l’angle de celui qui « subit l’action ». Ce retournement grammatical de l’ordre des actants est identifié comme une opération de thématisation (ou de « promotion de l’objet »), qui est généralement interprétée comme un indice d’importance ou de saillance du sujet passif (patient/objet) aux dépens de l’agent. Toutefois, en considérant de près des données à partir de conversations réelles renfermant un passif, on s’aperçoit, d’une part, que les exemples, du type La souris est mangée par le chat, sont rares ou complètement absents, d’autre part, que ces hypothèses ne se vérifient pas forcément. Ainsi, contrairement à ce qui est répété habituellement, l’agent exprimé explicitement s’avère plus important que le patient, au moins pour deux raisons : (1) il parait résister à toute tentative de suppression dans les exemples oraux ; (2) le patient apparait surtout comme un simple pronom faible, renvoyant à un référent déjà connu et dont l’intérêt ne dépasse pas le rappel et l’activation de la référence. De fait, il ne semble porter aucune marque de saillance, dont le passif serait à l’origine. C’est dans cet esprit que le présent numéro se propose de revenir sur différentes problématiques liées au passif dans les langues considérées dans le but de compléter les descriptions existantes et repenser celles qui ne paraissent pas représentatives de ce tour grammatical. This issue is dedicated to the passive voice. It compiles works on various vernacular languages, sometimes with a contrastive dimension. The reason for this undertaking resides in the fact that the structure that is studied here is mainly considered in its oral applications, based on authentic situations of communication, which goes against what is observed in the grammatical tradition. Indeed, the passive voice has always been taught and described from the perspective of formatted, typical, and almost fixed situations originating from the written language or based on set phrases. Whenever the passive voice is mentioned, one can only think of the well-known example The mouse was eaten by the cat. The passive voice is more often than not perceived as the result of a swap in the order of a sentence that feels more neutral than its active counterpart would. It illustrates a certain scenario from the viewpoint of the “one to whom the action is done”. This grammatical swap in the order of the agents is identified as an operation of thematisation, or “object promotion”, which is generally construed as an indication of the importance or the salience of the passive subject (patient/object) at the expense of the agent. Nevertheless, by thoroughly taking into account data from real conversations that include a passive voice, it becomes apparent that, on the one hand, examples such as The mouse was eaten by the cat are rare or completely absent and on the other hand, these hypotheses don’t necessarily hold water. Therefore, contrary to popular belief, the agent that is explicitly expressed appears to be more important than the patient for at least two reasons: 1) the agent seems to be resisting any kind of suppression in spoken examples and 2) the patient appears as a weak and simple pronoun which refers to a referent that is already known, the focus of which does not exceed the reminder and activation of the reference. Therefore, it does not feel like it holds any salience of which the passive voice is at the source. With this in mind, this issue looks at various questions related to the passive voice in the languages under consideration with the aim of completing existing descriptions and rethinking those that don’t seem representative of this grammatical turn.