Antonio Sant’Elia et La Città Nuova : représenter la ville moderne

Mort à l’âge de 28 ans, l’architecte italien Antonio Sant’Elia (1888–1916) est aujourd’hui connu surtout pour son manifeste L’Architecture futuriste (1914) et pour sa série de dessins consacrée à La Città Nuova. Il est toutefois l’auteur d’environ 300 dessins qui restent encore méconnus. L’article m...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/lha,
Autor Principal: Birolli, Viviana
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Livraisons d’histoire de l’architecture 2018
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Mort à l’âge de 28 ans, l’architecte italien Antonio Sant’Elia (1888–1916) est aujourd’hui connu surtout pour son manifeste L’Architecture futuriste (1914) et pour sa série de dessins consacrée à La Città Nuova. Il est toutefois l’auteur d’environ 300 dessins qui restent encore méconnus. L’article met en exergue l’unité de la recherche de Sant’Elia et ses liens avec le contexte culturel italien de l’époque, en resituant les projets de La Città Nuova dans le cadre du parcours de formation de l’architecte. Une attention particulière est accordée aux différentes sources qui nourrissent l’imaginaire de Sant’Elia (de la littérature de l’époque au futurisme) ainsi qu’aux Dynamismes architectoniques de 1913, dont le caractère abstrait pourrait suggérer l’hypothèse d’une origine formelle de la syntaxe de La Città Nuova. Par ailleurs, les dessins de La Città Nuova avaient été conçus pour une exposition d’art : à partir de ce constat, l’article approfondit la valeur rhétorique et idéologique des options représentatives de ces dessins (point de vue en contre-plongée et en biais, usage dramatique du cadre dynamisant les lignes de fuite) comme autant de stratégies de mise en scène d’une image totale de la ville moderne conçue pour un homme nouveau. Tendue entre permanences traditionnelles et élans futuristes, cette ville se configure dès lors comme une utopie au sens où la concevait Louis Marin : « représentation ambigüe » de l’écart productif entre le vrai et le faux, « tableau équivoque de la synthèse possible et de la différenciation productrice ».