La piscine du palais de cristal à Metz : une « apocalypse joyeuse »

Au cours de l’annexion de la Moselle au deuxième Reich allemand, un jeune architecte austro-hongrois, Johann Balassa, se substitue à la municipalité et entreprend de construire un établissement balnéaire (1907-1910) totalement nouveau dans la nouvelle ville. Au grand scandale des édiles et s’opposan...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/lha,
Egile nagusia: Pignon-Feller, Christiane
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Livraisons d’histoire de l’architecture 2015
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Au cours de l’annexion de la Moselle au deuxième Reich allemand, un jeune architecte austro-hongrois, Johann Balassa, se substitue à la municipalité et entreprend de construire un établissement balnéaire (1907-1910) totalement nouveau dans la nouvelle ville. Au grand scandale des édiles et s’opposant à la réglementation urbaine et esthétique en vigueur, il outrepasse le programme imparti et, sur le modèle des thermes antiques et des établissements des villes d’eau du XIXe siècle, il donne à Metz un exemple de modernité technique, de décor inédit, de culte ludique du corps et de philosophie hédoniste. Dans le premier bâtiment entièrement en béton armé de Metz, aidé par l’entrepreneur et maître d’ouvrage spécialiste du béton armé Nicolas Dietsch, il hisse le bassin de natation (autoportant) au deuxième étage et pare les bassins, les parois et la façade de plaques de cristal et de mosaïques conférant ainsi à l’établissement le nom de palais de cristal. Il offre aux Messins tous les soins du corps et les délassements modernes et conviviaux de l’époque (cinémas, restaurants automatiques, salles de jeux…). Il puise le décor de stuc, de verre et de ferronnerie chez les meilleurs maîtres de la Sécession viennoise et des Wiener Werkstätte. Après quelques semaines d’exploitation, « le plus bel établissement de ce genre en Allemagne » sombra dans une faillite retentissante et au cours des vicissitudes de l’histoire de la ville fut, hélas, totalement dénaturé.