Reconstruire le Palais des Tuileries. Une émotion patrimoniale et politique « rémanente » ? (1871-2011)
La rumeur, les réactions et les débats suscités, au sein du monde de la Culture et du patrimoine pour l'essentiel, au cours des années 2000, par un projet de reconstruction du palais des Tuileries constituent une forme d'émotion patrimoniale « en puissance », qui semble désormais en sommei...
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| 發表在: | URI:https://journals.openedition.org/lha, |
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| Auteurs principaux: | , |
| 格式: | Article ou chapitre numérique |
| 語言: | Français |
| 出版: |
Livraisons d’histoire de l’architecture
2015
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| 在線閱讀: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 總結: | La rumeur, les réactions et les débats suscités, au sein du monde de la Culture et du patrimoine pour l'essentiel, au cours des années 2000, par un projet de reconstruction du palais des Tuileries constituent une forme d'émotion patrimoniale « en puissance », qui semble désormais en sommeil. Portée par l'académie du Second Empire et par un comité national dédié à partir de 2004, cette émotion patrimoniale avortée s'est très vite révélée être également une émotion pour le Patrimoine, en tant que champ professionnel et scientifique, dans le sens où la dimension, en apparence inédite, d'une telle revendication a fait (re)surgir une série de débats théoriques et idéologiques fondamentaux quant à la politique de conservation des monuments historiques et quant aux principes qui guident la notion même de « restauration » du patrimoine architectural en France depuis plus d'un siècle. À partir d'une analyse des principaux arguments convoqués par les partisans de la reconstruction – et tout particulièrement l'idée d'une « rémanence » supposée du lieu au cœur de la capitale – cet article se propose de revenir sur l'histoire complexe de la disparition et de la non-reconstruction d'un monument qui fut, sans discontinuité, le siège du pouvoir exécutif suprême, d'octobre 1789 à septembre 1870. Si le 24 mai 1871, le Palais des Tuileries a fait partie des nombreux bâtiments civils parisiens incendiés par la Commune de Paris, sa démolition définitive revient cependant à la toute jeune République, et, plus particulièrement à l'action décisive de l'éphémère « ministère des Arts », entre novembre 1881 et janvier 1882. La mise en œuvre, entre 1884 et 1888, au lendemain de la destruction effective en 1883, du projet de reconstruction d’un nouveau Palais, dédié à un « musée de la Révolution française », donne la mesure du refoulement et de la rémanence dont le lieu a pu faire l’objet. L'échec récurrent de ce qui apparaît, pour finir, comme une émotion « reconstructiviste », permet de saisir un écheveau monumental complexe où patrimoine et politique s’incarnent mutuellement l’un par l’autre et l’un en l’autre. Monument politique du XIXe siècle, symbole de la continuité de l'État en dépit des fréquents changements de régime, le Palais des Tuileries fut comme la victime sacrificielle d'un régime républicain résistant à s'incarner en un corps exécutif fort. Les ruines du palais, comme les projections dont elles ont pu faire l'objet après leur disparition, offrent la possibilité d'écrire, en parallèle et en miroir, une histoire politique du patrimoine qui puisse être simultanément un histoire patrimoniale du politique. |
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