« Ceci tuera cela » à l’écran

Dans le contexte de 1939, tenus de se conformer aux impératifs du code Hays, les scénaristes de Dieterle ont changé l’archidiacre Frollo en un « Grand Juge » raciste, Louis XI en un souverain éclairé, et Gringoire en héros positif, opposé non à l’Église, mise en question, d’après Hugo, par l’imprime...

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Spremljeno u:
Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/lha,
Glavni autor: Laster, Arnaud
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Livraisons d’histoire de l’architecture 2015
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:Dans le contexte de 1939, tenus de se conformer aux impératifs du code Hays, les scénaristes de Dieterle ont changé l’archidiacre Frollo en un « Grand Juge » raciste, Louis XI en un souverain éclairé, et Gringoire en héros positif, opposé non à l’Église, mise en question, d’après Hugo, par l’imprimerie, mais s’appuyant sur celle-ci pour en appeler au roi et au peuple. En 1997, Medak et son scénariste font de Frollo un prêtre fanatique qui semble préfigurer quelque ayatollah. Un « premier ministre », Gauchère, hérite de l’esprit d’ouverture du Louis XI de Dieterle. Après son assassinat par Frollo, la ligne réactionnaire l’emporte. Une manifestation tournerait à la révolution si Gringoire, d’abord hostile aux pouvoirs clérical et monarchique, ne reconnaissait l’autorité du roi. Les heureux dénouements des deux films pourraient passer pour la démonstration que, sans recours à la violence mise en œuvre par Clopin et la Cour des Miracles, « ceci » – l’imprimerie, l’intelligence, l’opinion publique – a tué « cela » – les préjugés, la justice dévoyée et, chez Medak, le dogmatisme et l’intolérance. Ils se montrent donc sensiblement plus optimistes que le roman. Ils illustrent aussi d’une autre façon, non prévue par Hugo, le « Ceci tuera cela ». Par leurs écarts, les films altèrent sensiblement le roman. Et ce qu’adapte Medak, ce n’est pas seulement Hugo mais également, et peut-être surtout, Dieterle. De médiation en médiation, l’adaptation ne risque-t-elle pas de tuer l’œuvre adaptée ?