Le choix de l’unique. Un aperçu des politiques de sélection lors des ventes du mobilier des résidences royales
La Révolution française est, d’un point de vue patrimonial, le moment du choix. Les vagues de nationalisation successives viennent gonfler la masse du mobilier destiné à l’aliénation et, en contrepoint, donnent aux révolutionnaires l’occasion de « patrimonialiser » (nous entendons, par patrimonialis...
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| Τόπος έκδοσης: | URI:https://journals.openedition.org/lha, |
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| Κύριος συγγραφέας: | |
| Μορφή: | Article ou chapitre numérique |
| Γλώσσα: | Français |
| Έκδοση: |
Livraisons d’histoire de l’architecture
2015
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| Διαθέσιμο Online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Περίληψη: | La Révolution française est, d’un point de vue patrimonial, le moment du choix. Les vagues de nationalisation successives viennent gonfler la masse du mobilier destiné à l’aliénation et, en contrepoint, donnent aux révolutionnaires l’occasion de « patrimonialiser » (nous entendons, par patrimonialiser, le fait d’intégrer après sélection un certain nombre des effets confisqués à un corpus rendu inaliénable: celui du patrimoine de la nation) un certain nombre de « monuments » finalement conservés. L’exercice de la vente, marquant ainsi la genèse du « geste de choisir », s’est donc accompagné de celui du tri, de la distraction, d’autant plus délicat à saisir que les contours en sont toujours restés flous et que ses critères n’ont jamais été clairement définis. Au-delà donc du caractère nécessairement arbitraire de ces sélections (« Les œuvres d’art avaient leur tribunal révolutionnaire », disait l’historien d’art Louis Courajod), des tendances générales ont été à l’œuvre que les soustractions opérées lors des ventes des meubles des résidences royales, organisées entre 1793 et 1795, permettent de restituer. Elles relativisent l’idée de distractions uniquement typologiques et mettent en exergue le principe implicite qui y a présidé: ne garder que l’unique, que ce qui échappe au sériel – même dans le champ des beaux-arts. Face à la richesse quantitative de ce mobilier, les distractions patrimoniales révolutionnaires se font inévitablement sélectives; le refus de l’accumulation apparaît alors comme la donnée essentielle des réflexions sur la constitution des collections nationales. On comprend aisément, à cet égard, le problème que posaient les meubles meublants, même d’exception: si les commissions préposées aux distractions affirmaient explicitement qu’ils avaient bien leur place dans les sélections, la règle tacite qu’elles appliquaient condamnait majoritairement ces productions, issues de commandes en série, à l’aliénation. Des objets ont pourtant suscité, au cours du processus de sélection, questionnements et hésitations. Une solution intermédiaire put alors être adoptée, ce qui ne justifiait pas totalement une distraction patrimoniale, qui fit néanmoins l’objet d’une sélection « commerciale » soustrayant temporairement le meuble à la vente. Les cas des tables en pétrification de Marie-Antoinette ou du guéridon de la du Barry se ressentent de ces inflexions et donnent un ultime éclairage sur la position des meubles à l’heure de la sélection « patrimoniale », car si la singularité de certains ne faisait aucun doute, leur plus grand défaut était d’être non seulement multiples, mais « duplicables ». |
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