Lexique/grammaire. Le cas du khmer
Cet article questionne la distinction entre le lexique et la grammaire avec l’étude de quatre unités de la langue khmère qui ont chacune des emplois dits lexicaux et des emplois dits grammaticaux (un phénomène très massif tant en khmer que dans de nombreuses langues du monde). L’étude de ces quatre...
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| 發表在: | URI:https://journals.openedition.org/lexis, |
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| 主要作者: | |
| 格式: | Article ou chapitre numérique |
| 語言: | Français |
| 出版: |
Lexis
2016
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| 主題: | |
| 在線閱讀: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 總結: | Cet article questionne la distinction entre le lexique et la grammaire avec l’étude de quatre unités de la langue khmère qui ont chacune des emplois dits lexicaux et des emplois dits grammaticaux (un phénomène très massif tant en khmer que dans de nombreuses langues du monde). L’étude de ces quatre unités met en évidence le fait que chacune se définit comme ayant sa propre « grammaire » au sens où chaque emploi peut être défini par un ensemble de propriétés (une combinatoire) sans que l’on puisse désigner un de ces emplois comme premier. Cette approche remet en cause l’association souvent faite entre le grammatical et ce qui est « obligatoire ». Dans les langues indo-européennes où la distinction lexique/grammaire a une visibilité empirique avec l’existence de classes ouvertes (le lexique) et de classes fermées (les mots grammaticaux) la notion de grammaticalisation est utilisée pour décrire le réemploi grammatical de telle ou telle unité du lexique (Cela ne signifie pas que la distinction soit absolue. Et de notre point de vue on ne peut pas fonder théoriquement la distinction lexique / grammaire y compris pour les langues indo-européennes). En l’absence de tels inventaires stabilisés en khmer, certains auteurs en concluent à l’inexistence dans cette langue des catégories grammaticales comme le temps, l’aspect, la diathèse, le nombre, etc. Tout ne serait selon eux qu’une affaire de grammaticalisation – le grammatical n’existant que par défaut.A l’opposé de cette approche, l’article défend la thèse selon laquelle l’identité d’une unité ne saurait être définie que par sa variation – ce terme de variation recouvre les notions de polysémie et de polycatégorialité souvent utilisées pour définir les différents emplois d’une unité, mais elle ne reprend pas la distinction entre le lexical et le grammatical. Cette analyse débouche sur une réflexion plus générale sur le statut des catégories (temps, aspect, diathèse, nombre, etc.) et leur mode de définition. Selon les unités en jeu, chaque langue compte tenu des formes en jeu peut être considérée comme présentant une réalisation particulière de telle ou telle catégorie (on retrouve ici la notion de chréode introduite par Antoine Culioli). Prendre en compte la très grande diversité des réalisations possibles contribue en retour à un enrichissement de la réflexion sur le statut des catégories. D’où un double mouvement : des catégories vers les formes/les marqueurs, d’une part, des formes/des marqueurs dans une langue donnée vers les catégories, d’autre part. |
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