Les mots du climatoscepticisme : une étude basée sur un corpus de médias en ligne

Cet article propose une analyse lexicométrique et discursive du climatoscepticisme à partir d’un vaste corpus de médias web francophones (skyfall.fr, climato-realistes.fr, climatetverite.net). Dans un contexte où des signaux alarmants de climato-obscurantisme sur les réseaux sociaux s’amplifient, l’...

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Dettagli Bibliografici
Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/lexis,
Autori principali: Kraif, Olivier, Jackiewicz, Agata
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Lexis 2026
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Cet article propose une analyse lexicométrique et discursive du climatoscepticisme à partir d’un vaste corpus de médias web francophones (skyfall.fr, climato-realistes.fr, climatetverite.net). Dans un contexte où des signaux alarmants de climato-obscurantisme sur les réseaux sociaux s’amplifient, l’étude vise à caractériser les stratégies lexicales, rhétoriques et idéologiques mobilisées par les producteurs de désinformation climatique. Après un état de l’art sur les typologies du déni climatique, nous décrivons la constitution du corpus (3 890 articles, plus de 4 millions de tokens) et procédons à une extraction terminologique via le Lexicoscope 2.0. Les résultats montrent une forte surreprésentation du vocabulaire scientifique (science, modèle, donnée, variation), révélant un discours qui se présente comme rationnel et méthodologique. L’analyse morphologique met en évidence une créativité néologique foisonnante, notamment autour des suffixes -iste / -isme et du préfixoïde climato- (climato-réaliste, climato-alarmiste, climato-catastrophisme, climato-crédule), produisant des néologismes destinés à la polémique. L’étude discursive révèle une polyphonie agonistique marquée, où les guillemets servent massivement à la distanciation (« dérèglement climatique », « urgence climatique »), et où les opérateurs de dévoilement (pseudo-, soi-disant, prétendu) visent à délégitimer les scientifiques, les modèles climatiques et les politiques de transition. Les champs lexicaux de l’idéologie et de la religion (dogme, croisade, prophète, religion verte) structurent un contre-narratif accusant l’écologie d’être une « nouvelle religion séculière ». Nous concluons sur la nécessité de cartographier ces stratégies pour mieux contrer la désinformation climatique et prévoyons, dans de prochains travaux, de cibler la thématique des énergies renouvelables.