Mobiliser la langue pour faire entendre la périphérie : étude comparée des mouvements nationalitaires bretons et sorabes au prisme de leurs revendications linguistiques

Cet article propose de comparer les processus de convergence ou de dissonance entre mouvements nationalitaires et mouvements de revendications linguistiques. Il s’agit ici de faire dialoguer les situations linguistiques et militantes de deux régions peu comparées et de surcroît traversées par deux n...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/lengas,
Autor principal: Toutous, Jeanne
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Lengas 2024
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Cet article propose de comparer les processus de convergence ou de dissonance entre mouvements nationalitaires et mouvements de revendications linguistiques. Il s’agit ici de faire dialoguer les situations linguistiques et militantes de deux régions peu comparées et de surcroît traversées par deux niveaux de rapports de force linguistiques. Alors que la littérature en science politique tend à s’intéresser aux mouvements nationalitaires à l’échelle d’une région, les phénomènes de concurrence entre militants de langues régionales différentes au sein d’une même région ont à l’heure actuelle fait l’objet de peu de travaux. En étudiant les revendications linguistiques dans leur contexte en Bretagne (France) et en Lusace (Allemagne), nous émettons l’hypothèse selon laquelle les mouvements nationalitaires valorisent une des deux langues régionales au détriment de la seconde. Alors que les militants de la langue bretonne (en Bretagne) et de la langue haute-sorabe (en Lusace) tendent à investir le territoire régional et les institutions communautaires au nom de la société régionale dans son ensemble, les militants de la langue gallèse (Bretagne) et basse-sorabe tentent de se distancier des récits nationalitaires instituants en s’appuyant sur des répertoires d’action diffus et instables, témoins d’un processus de double minoritarisation.