« Fate silenzio, per carità ! » : le comique de prétérition dans l’opera buffa rossinien
Nous pouvons observer de nombreuses situations où Gioachino Rossini (1792-1868) fabrique, au sein de ses opéras, du plein avec du vide : fait chanter des personnages qui disent ne pas chanter ; compose à grands bruits des personnages qui réclament le silence ; donne de l’épaisseur à des actions insi...
שמור ב:
| הוצא לאור ב: | URI:https://journals.openedition.org/lcc, |
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| מחבר ראשי: | |
| פורמט: | Article ou chapitre numérique |
| שפה: | Français |
| יצא לאור: |
Les Chantiers de la Création
2021
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| נושאים: | |
| גישה מקוונת: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| סיכום: | Nous pouvons observer de nombreuses situations où Gioachino Rossini (1792-1868) fabrique, au sein de ses opéras, du plein avec du vide : fait chanter des personnages qui disent ne pas chanter ; compose à grands bruits des personnages qui réclament le silence ; donne de l’épaisseur à des actions insignifiantes. Ce plein façonné par le vide ne constitue en outre que le premier versant de l’écriture rossinienne, cette dernière se caractérisant surtout par son corolaire : fabriquer du vide avec du plein. On reproche en effet souvent à la musique de Rossini d’être tout entière constituée de formules stéréotypées, mécaniques et usées, en somme : vides de sens. Les personnages jouent ainsi les rôles d’une dramaturgie mutique, qui, à défaut d’être silencieuse, n’a pas besoin de texte ou d’action pour se jouer. C’est donc une musique désincarnée et sans substance que le compositeur va utiliser pour écrire des œuvres entières. Des œuvres qui sont en réalité des absences d’œuvres, par leur écriture au degré zéro. Pourtant, c’est au second degré qu’il faudrait les écouter : ce vide rossinien dénonce en effet pleinement l’absurdité des conventions musicales au xixe siècle en particulier, et de la musique d’opéra en général. |
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