Les nations sont-elles de la compétence des linguistes ?

Le rapport des langues et des nations n’est compréhensible que si on en reconstruit l’histoire terminologique. Deux conceptions s’opposent : la définition contractualiste, jacobine : l’Etat précède la nation, il en est la condition de possibilité, et la langue va se constituer comme langue nationale...

Celý popis

Uloženo v:
Podrobná bibliografie
Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/lbl,
Hlavní autor: Sériot, Patrick
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: La Bretagne Linguistique 2020
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Popis
Shrnutí:Le rapport des langues et des nations n’est compréhensible que si on en reconstruit l’histoire terminologique. Deux conceptions s’opposent : la définition contractualiste, jacobine : l’Etat précède la nation, il en est la condition de possibilité, et la langue va se constituer comme langue nationale au langue officielle, étatique (définition « subjective »). Au contraire, dans la définition romantique, essentialiste, la langue précède la nation, qui elle-même précède l’Etat, la nation est une essence éternelle, qui peut exister en dehors d’un Etat (définition « objective »). Dans le premier cas, la Suisse est une nation, dans le second, elle ne l’est pas. On étudie ici le discours sur la langue dans une comparaison entre Europe occidentale et Europe orientale. C’est le nom qui fait la frontière ou sa mise en cause : si le macédonien est une langue, alors la Macédoine est une nation, si ce n’est qu’un dialecte du bulgare, alors la Macédoine n’est pas une nation. Conclusion : ce qu’on dit dans une langue est plus important que la langue dans laquelle on le dit.