Le langage du corps dans l’Iliade
Les multiples termes faisant référence au corps humain et qui jalonnent le texte de l’Iliade sont organisés de façon cohérente au point de constituer ce que nous pourrions appeler un langage du corps homérique. En premier lieu, les caractéristiques physiques associées au nom des dieux et des héros (...
Shranjeno v:
| izdano v: | URI:https://journals.openedition.org/kentron, |
|---|---|
| Glavni avtor: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
Kentron
2018
|
| Online dostop: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Izvleček: | Les multiples termes faisant référence au corps humain et qui jalonnent le texte de l’Iliade sont organisés de façon cohérente au point de constituer ce que nous pourrions appeler un langage du corps homérique. En premier lieu, les caractéristiques physiques associées au nom des dieux et des héros (Achille aux pieds rapides) ont elles aussi une fonction nominale et vont même jusqu’à perpétuer le souvenir de mythes plus anciens.De plus, la référence corporelle possède une forte symbolique morale, la beauté ou la laideur s’apparentant à des jugements de valeur.D’autre part, les informations concernant le déroulement des combats nous parviennent par le biais d’informations sur le corps des héros. Il faut en outre prendre en considération le rôle particulier de certains termes qui mettent en évidence l’existence d’un lien très fort entre certains organes biologiques et des notions plus générales de vie, de pensée et d’individu. Dans l’Iliade, le siège de la pensée se situe communément dans les phrenes, les poumons, et un seul mot – ambivalent – est utilisé pour désigner successivement aussi bien la peau que le corps ou l’individu lui-même.Il semble évident que les héros de l’Iliade existent avant tout grâce à leur corps, que cette notion d’identité corporelle relève d’une conception psychanalytique que l’on pourrait résumer ainsi : l’image du corps c’est l’image de soi, conception largement développée depuis par la psychanalyse. Chez Homère cette conception est prépondérante, pour les hommes aussi bien que pour les dieux. |
|---|