Hubris et péché des origines : remarques sur le cas de Grégoire de Nazianze

Le présent article complète J.-M. Mathieu, « Hybris-démesure ? Philologie et traduction » (Kentron, 20, 2004, 15-45). Il concerne la patristique grecque et spécialement Grégoire de Nazianze. Il ajoute deux remarques. (1) Le mot ὕβρις n’a pas de sens métaphysique quand Grégoire de Nazianze le définit...

Descripció completa

Guardat en:
Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/kentron,
Autor principal: Mathieu, Jean-Marie
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Kentron 2018
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:Le présent article complète J.-M. Mathieu, « Hybris-démesure ? Philologie et traduction » (Kentron, 20, 2004, 15-45). Il concerne la patristique grecque et spécialement Grégoire de Nazianze. Il ajoute deux remarques. (1) Le mot ὕβρις n’a pas de sens métaphysique quand Grégoire de Nazianze le définit (Définitions = C I ii 34, voir aux vers 100-101), mais une signification morale et sociale. Les emplois du mot par Grégoire (près de trois cents occurrences) sont conformes à ce sens d’outrage ou de violence outrageante. (2) Il n’y a non plus, pour ce Père, aucune « démesure », au sens métaphysique du mot, dans le premier péché humain commis au Paradis. Le plan divin est de diviniser l’Homme et de l’utiliser dans la divinisation finale (C I i 8, 98-99 ; C I ii 10, 134-144 ; etc.). Le cas d’Adam n’est donc pas celui de Lucifer : il n’y a pas pour Adam de présomption à vouloir acquérir les attributs de Dieu. L’excès, ou le manque de mesure, consiste pour l’Adam nouveau-né, poussé par Lucifer, à agir avant le temps (προώριος, etc. : C I i 8, 114 et 120, etc.).