Samuel Beckett's maternal passion or hysteria at work in company/compagnie

Alors qu’il n’avait qu’une vingtaine d’année, Beckett traduisait un texte d’Aragon et Breton dans lequel les deux auteurs estimaient que l’hystérie est « peut être considéré comme un moyen suprême d’expression ». À peu près à la même époque, durant sa psychanalyse avec Bion, étaient revenus au jeune...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/jsse,
Autor principal: Sardin, Pascale
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Anglais
Publicado: Journal of the Short Story in English 2015
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Alors qu’il n’avait qu’une vingtaine d’année, Beckett traduisait un texte d’Aragon et Breton dans lequel les deux auteurs estimaient que l’hystérie est « peut être considéré comme un moyen suprême d’expression ». À peu près à la même époque, durant sa psychanalyse avec Bion, étaient revenus au jeune écrivain des souvenirs de son séjour dans le ventre maternel. La douleur et le sentiment d’impuissance associés à ces souvenirs intra-utérins furent encore ravivés par la conférence que donna Jung en 1935, et à laquelle Beckett assista, au sujet d’une jeune fille que le psychanalyste ne pouvait guérir car elle n’était jamais tout à fait née. L’auteure montre que l’écriture bilingue permit vraisemblablement à Beckett de supporter cet état d’extrême anxiété. Le système complexe de réécriture dans l’autre langue que Beckett mit peu à peu au point au cours de sa carrière devint ainsi son propre « moyen suprême d’expression », mode qui a à voir avec l’hystérie. Pour ce faire, Pascale Sardin analyse Company/Compagnie, nouvelle bilingue écrite à la fin des années soixante-dix. Comme Pas, dont il est proche, ce long poème théâtral met en scène le lien mortifère mère-enfant qui prend sa source dans l’utérus. Il s’agit en effet d’un texte hystérique, tant du point de vue du fond que de la forme, en ce qu’il s’appuie sur une série des tropes dissociatifs. Company/Compagnie peut également être considéré comme l’apothéose du processus auto-traductif beckettien dans lequel une langue ne cesse d’être contaminée par l’autre. Ainsi, l’effet de mal-diction inhérent à ce double texte en particulier, et à l’écriture beckettienne en général, pourrait venir de la malédiction d’être né d’un ventre ou d’une matrice mortifères.