Spatial, Temporal and Linguistic Displacement in Kipling’s and Maugham’s Colonial Short Stories: The Disrupting Power of the “Colonial” in Modern Short Fiction

L’article propose de réévaluer les propositions de Kipling et de Maugham autour de la nouvelle afin de montrer dans quelle mesure les nouvelles de ces deux auteurs s’articulent au modernisme, de manière respectivement proto- et para-moderniste. Tandis que les tales de Kipling mettent en œuvre des hy...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/jsse,
Autor principal: Chemmachery, Jaine
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Anglais
Publicado em: Journal of the Short Story in English 2016
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:L’article propose de réévaluer les propositions de Kipling et de Maugham autour de la nouvelle afin de montrer dans quelle mesure les nouvelles de ces deux auteurs s’articulent au modernisme, de manière respectivement proto- et para-moderniste. Tandis que les tales de Kipling mettent en œuvre des hypothèses stylistiques et poétiques qui ne sont pas sans rappeler les désormais clichés de l’esthétique moderniste – pratique de l’ellipse, de la fragmentation, instabilité de l’instance narrative, etc. – les nouvelles de Maugham s’apparentent davantage à la domestication de thèmes prisés des auteurs traditionnellement étiquetés « modernistes » : les pulsions de l’inconscient, le déclin de l’Occident, l’instabilité sexuelle et identitaire, etc. En revanche, c’est véritablement la représentation de l’exil dans une écriture elle-même déplacée de son lieu d’origine, par le fait colonial, qui conduit à la production de nouvelles représentations de l’espace et du temps, symptomatiques de la valence coloniale qui sous-tend la modernité européenne, à laquelle les modernistes auront à cœur de répondre. En d’autres termes, la duplicité de la modernité, sa spectralité, mais aussi sa diffraction en de multiples lieux et temporalités, auxquelles l’esthétique moderniste s’arrime, ne sont pas moins présentes dans les nouvelles coloniales, ce qui permet de faire de celles-ci un jalon essentiel dans le moment de transition entre ère victorienne et ère moderniste. Le colonial s’apparente en somme à une clé de compréhension de ce moment culturel complexe qui mène à l’écriture moderniste telle qu’on la pense aujourd’hui.