Heavy Nothings in Virginia Woolf’s “Kew Gardens”

Dans la nouvelle « Kew Gardens », des couples passent à proximité d’un parterre de fleurs où évolue un invisible escargot. Hantés par des fantômes qui n’ont rien de réel, ils semblent mus par la « pulsion de mort » (telle que Freud va la décrire), alors que l’insignifiant mollusque, se traînant au m...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/jsse,
Autor principal: Cassagnère, Mathilde La
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Anglais
Publicado: Journal of the Short Story in English 2014
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Dans la nouvelle « Kew Gardens », des couples passent à proximité d’un parterre de fleurs où évolue un invisible escargot. Hantés par des fantômes qui n’ont rien de réel, ils semblent mus par la « pulsion de mort » (telle que Freud va la décrire), alors que l’insignifiant mollusque, se traînant au milieu de miettes de terre et de feuilles, se fait la synecdoque de tout un monde, voire l’allégorie prophétique de « l’être » sartrien. Cependant, des « voix sans mots » sortent de la bouche des promeneurs alors qu’ils font enfin l’expérience de la réalité du monde. Dans ces « moments of being », les mots confrontés au poids du Réel (au sens lacanien) ne sont rien, sont sans consistance. Est-ce là un aveu d’impuissance de la part de l’écrivain dont l’art n’a rien à dire ? Bien au contraire, en ne signifiant rien qu’eux-mêmes, les mots de « Kew Gardens » deviennent finalement réalité — réalité paradoxalement née de ce que les neurologues appellent les « fictions du cerveau » —, générant ainsi une lecture poétique du texte. Les mots s’enroulent dans la circularité de la nouvelle, telle la chair de l’escargot dans sa coquille ; et du lent enroulement de leur palette musicale s’élèvent les voix de ce qui jusque-là n’était rien.