Les figures du doute en langue dalabon (Australie du Nord)
Cet article décrit les principales racines lexicales ou tournures rhétoriques qui permettent d’exprimer, en langue dalabon d’Australie du Nord, le doute qui renvoie ici, d’après le sens du terme en langue française, à la famille d’expériences recouvrant l’incertitude quant au savoir, le manque de co...
Gorde:
| Argitaratua izan da: | URI:https://journals.openedition.org/jso, |
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| Formatua: | Article ou chapitre numérique |
| Hizkuntza: | Français |
| Argitaratua: |
Journal de la société des océanistes
2011
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| Gaiak: | |
| Sarrera elektronikoa: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Gaia: | Cet article décrit les principales racines lexicales ou tournures rhétoriques qui permettent d’exprimer, en langue dalabon d’Australie du Nord, le doute qui renvoie ici, d’après le sens du terme en langue française, à la famille d’expériences recouvrant l’incertitude quant au savoir, le manque de confiance, l’hésitation, les expériences déstabilisantes… Après avoir présenté ma méthode et ses fondements théoriques, j’analyse deux racines verbales, largement exploitées culturellement par les locuteurs du dalabon : njirrk, qui s’articule autour du paradigme social et plus précisément du déficit de communication avec autrui ; kurduh, qui ancre l’expression du doute dans des situations pratiques également saillantes. La langue dalabon encourage l’expression du doute dans le discours, grâce à des formules rhétoriques très courantes qui permettent d’énoncer des séries de possibilités factuelles. Aucun de ces trois modes d’expression du doute ne le présente comme une expérience essentiellement cognitive. D’ailleurs, s’il est effectivement possible de décrire le doute en utilisant le vocabulaire dalabon dédié au domaine cognitif, ces expressions sont reléguées au second plan par les locuteurs, qui les exploitent peu. Cette situation contraste avec l’usage du mot en français. Non seulement la dimension cognitive du doute entre dans les définitions des locuteurs de cette langue, mais en outre cette dimension fait l’objet d’une exploitation culturelle importante dans le monde dit « occidental ». Cette manière d’articuler des notions que la philosophie ou la « pensée ordinaire » occidentales associent au domaine cognitif ou la rationalité, en usant de paradigmes sociaux ou pratiques, exemplifie une tendance qui paraît caractéristique du paysage conceptuel des habitants de cette région de l’Australie. |
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